Encore une fois Nolan prouve qu'il est un réalisateur scolaire sans radicalité. Tant pis. Pas grave. Mais il n'était pas nécessaire de faire un film aussi médiocre.
Le film commence avec une succession de fusils de Tchekhov dont la finalité de certains est hurlée aux spectateurs. Pour la subtilité, on repassera.
Visuellement les costumes et armures sont immondes. Idem pour les bateaux.
Les seules bonnes idées visuelles sont le passage chez Circé et celui des enfers. Dommage qu'il décide de gâcher la fin de ce dernier en faisant précipiter l'équipage au bateau (encore une fois).
Parce que finalement le vrai problème est là. Nolan est incapable de laisser son récit se dérouler, d'accorder du temps au temps. Il faut que tout s'enchaîne, sans temps mort, sans laisser aux spectateurs la chance de ressentir le long voyage qu'entreprend Ulysse. Il faut que les épisodes s'enchaînent, que le récit avance, il ne faudrait surtout pas s'ennuyer pendant ces 3 h de film. Le temps qui passe, on ne le ressent jamais. Ulysse à la tête à Troie et à Ithaque, quelques poils blancs à la barbe pour faire illusion. Pareil pour son équipage, jamais on ne ressent leur épuisement, leur fatigue.
Heureusement Ulysse finit par rentrer, las de la guerre, dégoûté de ses actions guerrières, souffrant d'hallucinations à cause des remords. Ce qui conduit logiquement au massacre d'une foule d'hommes désarmés le lendemain. (En faisant des tourbillons avec une hache comme tout bon joueur de barbare sur Diablo.) Il n'y a rien qu'une bonne nuit de sommeil ne puisse réparer finalement.
Une fois rentré à la maison, Ulysse peut de nouveau repartir, mais cette fois avec Madame, qui était jalouse d'avoir été mise à l'écart de ce sea trip. Laissant Ithaque aux mains d'un Télémaque qui ne sait toujours pas gouverner.