C’est l’histoire d’un sociopathe égoïste, qui pille des cités, qui considère ses hommes comme de la chair à canon, qui parle de lui à la troisième personne, et qui est censé susciter notre émotion. Je n’ai malheureusement pas grand-chose à sauver de ce film, bien qu’il s’agisse du réalisateur de mon film préféré – The Dark Knight – tant on dirait un film d’un étudiant en cinéma à qui on aurait confié 250 millions de dollars. Tout respire la pédanterie, l’aristocratie, la prétention, et en somme, la vacuité. Nolan me fatigue à vouloir créer une énième fois un côté badass artificiel, en jouant uniquement sur les costumes, le regard pseudo viril, les dialogues trop écrits, et l’éclairage dramatique. On dirait vraiment les contenus YouTube de mâles-alphas stoïques tant le film hurle :
« BONHOMMES EN ARMURE ! BONHOMMES, ON PLEURE PAS ON FAIT LA GUERRE ON EST TROP DES HOMMES INVINCIBLES MÊME FACE AUX MONSTRES ! »
Mais au fond l’enjeu sonne artificiel ; il n’y a pas de vraie substance sous-jacente qui suscite en nous un véritable enjeu émotionnel. Enfin les plans sont d’une banalité affligeante, la réalisation est très peu inspirée. Aucun plan marquant en 3h.
Au final, l’histoire d’un chef déconnecté, adulé, qui s’aime beaucoup, qui manque à sa femme, et qui s'égare dans ses propres illusions de grandeur au lieu d'aller à l'essentiel, ce ne serait pas plutôt L’Odyssée de Nolan ?