Après avoir ruiné la fin de la carrière de Belmondo avec Le Solitaire, Jacques Deray s'occupe de la sienne et de celle de Delon. On avait déjà eu un avant-goût avec Un Crime en 1993. L'Ours en peluche l'année suivante est du même acabit. Personne n'en a plus rien à foutre. Delon ânonne ses dialogues entre deux séances de jambes en l'air avec ses différentes maîtresses évidemment deux fois plus jeunes que lui.
L'Ours en peluche dépourvu de rythme, d'ambiance et de motivation est un film que s'il n'était pas sorti ça aurait été pareil. Dix mille spectateurs lors de l'été 1994 se seront quand même déplacés en salles. Un échec cuisant et un des pires films de Delon dont l'heure de gloire est déjà lointaine.
Certaines répliques de son entourage ne manquent pas de sel. Elles soulignent sa mégalomanie, qu'il ait privilégié sa carrière à sa famille, qu'il ne se soit pas préoccupé de ses enfants. Un ultime aveu de Delon ? Un éclair soudain de lucidité au moment de prendre du recul avec le monde du cinéma ? Deray, lui, ne signera plus que quelques téléfilms. C'est triste de voir le duo de La Piscine et de Borsalino finir ainsi.