La présence de Reda Kateb, souvent impeccable, avait de quoi garantir un certain niveau de qualité ou, a minima, intriguer au sein d'un film d'origine danoise. Tout comme la bande-annonce de ce L'Ultime Braquage, qui réussissait à donner envie d'en savoir plus.
L'introduction de l'oeuvre ressemble furieusement à une récompense de la curiosité qui a poussé à acheter un ticket. Plan-séquence d'une froideur étouffante, confinée dans un blindé de convoyeurs de fonds, violence crue, filmée de manière indirecte, le masqué s'est dit qu'il allait passer un bon moment.
Sauf que le film ne se remettra jamais vraiment de cette entame en tous points saisissante, représentant déjà un climax que le réalisateur Frederik Louis Hviid n'atteindra jamais plus.
Personnages peu épais, narration hoquetée, arrière-plan familial sommaire jamais réellement exploité, L'Ultime Braquage se contente d'enfiler les poncifs et de dérouler les préparatifs de son forfait sans sortir des sentiers battus et sans génie.
Le film arrive même plus d'une fois à se montrer confus, alors que ce qu'il raconte, pourtant, se révèle d'une simplicité enfantine. Et si Hviid semble pourtant y mettre tout son cœur, jusqu'à utiliser une shaky cam quand la situation de ses braqueurs s'emballe, rien n'y fait : le sentiment d'urgence et, pire, celui d'immersion, font quasi totalement défaut. Rageant.
D'autant plus que cela se suit, bon an, mal an. Mais sans passion. Comme sauvé par sa statue du commandeur, alias Reda Kateb, et Gustav Dyekjaer Giese, le seul à dégager un petit quelque chose à l'écran, tandis que la quasi totalité du casting n'influe aucune présence ou caractère saillant. Peut-être que le masqué sauvera aussi Amanda Collin, dans un rôle tenant de la greffe artificielle dans le récit, mais dont le caractère butée et la force d'opposition font mouche quand elle apparaît.
Il est tout aussi étrange que cet Ultime Braquage échoue à rendre tout le caractère exceptionnel de son fait divers danois, qui a tout, à l'écran, de l'acte criminel lambda. Ultime traduction de son incapacité relative à emporter son spectateur dans sa narration.
Au point qu'en se réveillant ce matin, le masqué portait quelque réflexion sur le fait que le cinéma français et sa critique étaient très fort pour s'auto-flageller. Car on peut penser ce qu'on veut d'un film comme Braqueurs, mais ce dernier, dans le même genre, se montrait bien plus généreux et spectaculaire dans son approche pour réussir son casse et offrir à son public ce qu'il était venu chercher.
Behind_the_Mask, braqueur amateur.