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le 29 nov. 2020
Diane Lane et Kevin Costner - réunis à nouveau après “Man of Steel” de Zack Snyder” - sont les héros malheureux, mais empreints d’amour et de courage de “Let Him Go” de Thomas Bezucha. Ce qui commence comme un drame familial, va peu à peu se muer en un thriller à suspense mâtiné de western, au cœur d’une Amérique rurale du début des années 60, le tout magnifié par la photographie minérale de Guy Godfree et accompagné par la partition de Michael Giacchino (“La-Haut”). Après la perte de leur fils James (Ryan Bruce), le shérif à la retraite George Blackledge (Costner) et son épouse, Margaret (Lane) vont devoir quitter leur ranch du Montana pour porter secours à leur jeune petit-fils et sa mère. En effet, ayant refait sa vie, Lorna, la belle-fille des Blackledge, se retrouve sous l’emprise violente de Donnie Weboy. Celui-ci décide d'emmener Lorna et son fils dans sa famille du Dakota du Nord, tenue d'une main de fer par Blanche Weboy (Lesley Manville), la mère. Les Blackledge qui ont su faire face au pire des drames avec une pudeur extraordinaire, vont devoir combattre de toutes leurs forces pour faire valoir les liens du sang ! Car “Let Him Go” est avant tout une histoire de famille dans ce qu'elle a de plus précieux et les sacrifices qu'il faut être prêt à lui consentir. Et de sacrifices, il en sera question à travers l’expédition de sauvetage organisée par les Blackledge. Constamment sur le fil du rasoir, hormis quelques moments plus tranquilles où l’on se risque à un peu d’humour (comme le début du périple de George et Margaret que le réalisateur nous dépeint à la manière d’un bucolique road trip), voire des moments de pure poésie (le bivouac en pleine nature sauvage avec Peter, le jeune Indien orphelin), “Let Him Go” n’est qu’un leurre, car le film cache en son sein une bien triste tragédie aussi silencieuse qu’insidieuse, celle d’un fait divers de brutalité dite “ordinaire”. En mettant en exergue deux familles et en jouant sur leurs antagonismes - la tension sera à son paroxysme lors d’un repas que n’aurait certainement pas renié Tobe Hooper - d’un côté, l'existence droite et rangée d’un shérif et de son épouse et de l’autre une fratrie de criminels sous l’emprise d’une matriarche, Thomas Bezucha enjoint le spectateur à se questionner lui aussi sur les limites du bien et du mal. Mais lorsque l’intégrité physique d’un enfant - qui plus est, le fils de leur fils décédé - est en danger, toute une vie de droiture, de dévouement et de sens du devoir ne pèsera pas lourd face à la tempête de violence viscérale qui s’annonce !
Créée
le 11 mai 2021
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