La princesse Aurore vient de naître et c'est la fête au château royal.Mais la puissante et méchante sorcière Maléfique,vexée de ne pas avoir été invitée,se pointe inopinément et jette un sort à l'enfant,qui devra mourir à seize ans en se piquant le doigt,une bonne fée allégeant le maléfice en transformant la mort en sommeil susceptible de prendre fin avec un véritable baiser d'amour.Paniqué,le roi envoie la gamine se cacher dans une maison au fond des bois où l'élèvent les trois fées qui sont ses marraines.Ce grand classique Disney,adapté d'un conte écrit par Charles Perrault et repris ensuite par les frères Grimm, date de 1959 et fait suite à deux oeuvres jumelles,"Blanche-Neige" en 1937 et "Cendrillon" en 1950,également tirées d'écrits des Grimm ou de Perrault eux-mêmes inspirés de légendes populaires.C'est toujours un peu la même histoire,celle de la belle jeune fille pure et innocente persécutée par une horrible femme,belle-mère ou sorcière,c'est d'ailleurs pareil,qui doit se planquer pour échapper à sa tourmenteuse et,après bien des embûches,épouser le Prince Charmant qui tombe immanquablement amoureux d'elle et la sortira d'affaire,avec toutefois l'aide de la magie.L'équipe technique est composée de grands talents de l'âge d'or disneyen comme le réalisateur Clyde Geronimi,son assistant Wolfgang Reitherman,le scénariste Ted Sears,les animateurs Ollie Johnston,John Lounsbery ou Dan McManus,le spécialiste en effets spéciaux Ub Iwerks,et il y a même un assistant animateur nommé Don Bluth,qui quittera plus tard la firme pour faire ses propres films.Ce qui se démarque ici des autres Disney est la finesse du trait tendant à la silhouette,qui par ses personnages et ses décors minces et élancés s'éloigne de la rondeur habituellement utilisée chez l'oncle Walt et rappelle les enluminures médiévales.Il y a là un aspect figurine,presque précieux,qui tourne le dos à l'animation moderne pour arborer un aspect plus ancien et s'accorde à merveille à la séduisante colorimétrie de l'image.L'histoire est fidèle au déroulement traditionnel des vieux contes européens qui s'appuie finalement sur le choc des générations et la jalousie féminine.Des femmes mûres ne supportent pas la perte de leur beauté et se vengent sur d'adorables jeunes personnes qui les supplantent involontairement.La morale pourrait être qu'il faut savoir raccrocher et accepter l'usure du temps.Naturellement le hasard fait toujours bien les choses avec ces princes qui passent par hasard et s'éprennent illico de ces fraîches créatures qui,par hasard,éprouvent des sentiments réciproques,les jeunes gens finissant par se retrouver par hasard.On estimerait sans doute aujourd'hui que tout ceci est sexiste et misogyne,entre des vieilles hargneuses et des jeunettes vulnérables dont le seul but est de s'accoupler au mâle idéal,et pourtant ça fonctionne très bien et donne d'agréables histoires à la fois épiques,poétiques et drôles.D'ailleurs,si les héroïnes sont assez évanescentes,les garçons sont moins bien traités encore,tous ces princes étant fades et relégués au second plan.Ce qui pose problème dans "La belle au bois dormant" est l'infernal trio de fées stupides qui prennent une place trop importante dans l'histoire et dont les incessantes disputes idiotes sont agaçantes et fatigantes,ce qui a tendance à gâcher le plaisir.