Agréablement surpris par cette production Paramount qui offre à Sessue Hayakawa un premier rôle positif, loin de l'image du méchant de Forfaiture. D'ailleurs, le film prône un amour interracial assez étonnant puisque sa fiancée est une occidentale, certes hawaïenne (où le tournage s'est déroulé) mais "blanche" tout de même.
Adapté d'une nouvelle de Stevenson, le scénario est lui aussi surprenant avec un début qui fait plutôt penser à une variation d'Aladin avec sa princesse et sa lampe magique avant de bifurquer vers un registre plus menaçant dans cette malédiction ; bien qu'un peu brouillonne au début. Sa règle n'est pas clairement défini et on saisit mal les risques encourus, ses avantages et autres détails importants pour la compréhension de l'histoire. C'est donc durant sa seconde moitié que l'intrigue devient palpitante alors que les personnages sont contraints de devoir retrouver un repreneur à leur lampe magique mais dont la monnaie d'échange est de plus en plus dur à trouver, ce qui décourage les possibles repreneurs. Le suspens est bien dosé, la progression dramatique solide et on croit volontiers à cette histoire où le couple de héros est prêt à se sacrifier à tour de rôle pour sauver l'élu(e) de son cœur.


Les quelques trucages sont forcément désuets mais traduisent parfaitement les enjeux narratifs et quelques plans sont assez jolis. Plutôt connu pour ses titres avec Mary Pickford (que je ne connais pas encore comme M'liss et Papa longues jambes), le prolifique Marshall Neilan s'acquitte avec professionnalisme de sa tâche avec surtout la grande qualité de ne pas sombrer dans l'exotisme de pacotille auquel la bouteille enchantée échappe pratiquement totalement. Il se concentre sur l'histoire qui manque par moment de fluidité dans son introduction (mais peut-être est-ce dû à la copie de la cinémathèque qui possède quelques parties manquantes dont le prologue tout simplement absent ?) mais sait garder la tension, valoriser ses acteurs, donne quelques plans larges inspirés, soigne sa photographie (très jolis contrejours ou la scène nocturne au sommet du volcan) et donne surtout envie de croire à ce conte de fée un brin moralisateur mais toujours prenant.

anthonyplu
6
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le 4 janv. 2017

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