Lucile (C.Deneuve) est la maîtresse du distingué Charles (M.Piccoli), de vingt ans son ainé, dans un milieu snobinard, artistisco-bourgeois où même les amants se vouvoient. S'éprenant d'un jeune homme, Antoine, Lucile s'apprête à quitter Charles.
Adapté d'un roman de Françoise Sagan, le film de Cavalier est une histoire d'amour à trois personnages, suivant les dispositions et le caractère de Lucile qui en est la figure centrale. Forte des belles compositions de Piccoli et Deneuve, "La chamade" est un film sensible, "psychologique", un film assez indifférent sur la forme mais habile dans l'ébauche des personnages. Lucile est une jeune femme déroutante, sinon mystérieuse, dont la spontanéité confine à l'inconstance, dont la liberté est celle d'une femme entretenue. En a-t-elle conscience? Ses engagements semblent aussi sincères que temporaires et affectent ici ses amants, l'ancien et le nouveau. C'est un rôle riche pour Deneuve, davantage -ne serait-ce parce qu'il détermine le sujet- que celui de Charles, pour lequel Piccoli fait au demeurant une remarquable composition en quadra lucide cachant pudiquement sa souffrance.
Convaincant dans l'expression implicite, ou non, des sentiments, Alain Cavalier l'est un peu moins -faute de s'y intéresser vraiment, sans doute- dans la peinture du cadre social "parisianiste" où se développe l'intrigue.