Remarquable par sa sobriété, La chute n’est pas du genre à s’épancher : il est à cet égard très loin de tout ce qu’a fait ou aurait pu en faire Hollywood. Ce film allemand regarde sa propre histoire avec une lucidité et une neutralité qui laisse admiratif. Il laisse simplement parler les faits d’eux-mêmes mais sans auto-flagellation inutile, car les faits sont assez dramatiques comme ça.
On retrouve cette tendance dans ce portrait des derniers jours du personnage Hitler : on ne diabolise pas, on ne s’apitoie pas non plus… Bruno Ganz relève le défi de ce rôle incroyablement complexe et délivre une interprétation magistrale.
La secrétaire incarnée par la belle Alexandra Maria Lara dont le rôle est à peine moins important est également un point de vue très estimable sur ces évènements qui font l’Histoire, un point de vue ni tout blanc ni tout noir mais tout en multiples nuances de gris.
Sobre, lucide, presque froid, le film s’avère oppressant sur la durée et aurait gagné sans doute à se voir quelque peu élaguer ici et là. Par ailleurs, on a du mal à s’y retrouver dans l’entourage plus ou moins proche du Führer au jeu du « qui est qui » et qui fait quoi exactement… si l’on est pas particulièrement féru de cette période précise de l’Histoire avec un grand H, bien évidemment. En outre, les effets spéciaux font un peu bon marché (les explosions, notamment, oh mein gott !…).
On ne s’y ennuie pas pour autant et sa grande force finalement est de nous montrer sans ambages la folie du fanatisme national-socialiste... jusqu'au bout, jusqu’à la dernière heure. La mise en scène adroite d’Oliver Hirschbiegel participe au réalisme ressenti et son effet n’en est que plus sidérant en fin de compte, y compris au revisionnage !