Une jeune indochinoise est à Paris pour y découvrir son père, un certain Paul Ménard. Mais des Paul Ménard, il y en a des dizaines dans le bottin, toute une collection en fait...
La comédie s'annonce comme un nanar, on peut le dire, à en juger par les dialogues sots, au mieux saugrenus, qui remplissent la première séquence avec Lucien Baroux. La comédienne Foun-Sen (Madame Léo Joannon à la ville), pas habituée aux premiers rôles et visiblement peu à l'aise, compose le personnage central, lequel est amené à rencontrer un grand nombre de Paul Ménard avant de trouver le bon, peut-être.
Cette succession de fugitives entrevues prend par conséquent l'apparence du film à sketchs, pour lesquels quelques-uns de la fine fleur des seconds rôles de l'époque ont prêté leur concours ; tout estimables qu'ils sont, ils n'en sortent pas grandis tant la comédie est grossière (Larquey en psychiatre, comme il se doit, un peu dérangé, Tissier en fonctionnaire retors de l'état-civil, et beaucoup d'autres). Il est dommage que le réalisateur n'ait pas poussé plus loin et plus finement ses tentatives dans l'absurde. Pour autant, c'est ce petit défilé d'acteurs qu'on aime qui permet d'aller au bout du film.
La conclusion est d'ailleurs assez gonflée, qui profite de l'aventure pour faire l'apologie de la France coloniale par sa ressortissante indochinoise elle-même. Mais bon, c'est l'Occupation, on n'a plus beaucoup d'occasions de se grandir.