Au début du 20ème siècle, André est un notable, frustré sexuellement et sentimentalement de devoir faire chambre à part avec son épouse. Il jette son dévolu sur la jeune bonne, qui finit par tomber enceinte. Un accord est proposé par sa femme...
"La Condition" affiche un titre simple mais astucieux. Renvoyant évidemment à l'accord en question, mais surtout aux conditions sociales et sentimentales des protagonistes, tous traités avec une ambiguïté bienvenue. Victoire, l'épouse, est coincée par le statut sociale et juridique réservé aux bourgeoises de l'époque. Céleste, la bonne, est complètement à la merci du bon vouloir de ses patrons et logeurs. André est un grand sentimental, et souhaite sincèrement une vraie relation heureuse avec sa femme. Mais son conditionnement patriarcal le rend terriblement maladroit dans ses tentatives, et mauvais à l'occasion.
Des personnages interprétés par des acteurs au top. Dont Swann Arlaud dans le rôle du mari frustré. Galatéa Bellugi, qui s'exprimera beaucoup physiquement car son personnage de bonne parle peu. On peut aussi citer Emmanuelle Devos en mère alitée odieuse.
Si la mise en scène est classique, Jérôme Bonnell se focalise sur de nombreux détails de vie quotidienne de l'époque. Qu'il s'agisse des us et coutumes ou des objets. Ce qui permet une très bonne immersion dans le récit. Jusqu'à un final qui parait peu réaliste... mais après tout c'est du cinéma !