La Désintégration par Hugo Harnois
Au lendemain des élections présidentielles où le thème de l'immigration a souvent fait polémique, La Désintégration arrive au très bon moment pour faire un constat de la société française actuelle. Oui nous faisons, encore en 2012, des différences entre blacks blancs et beurs. Mais non, il ne faut pas être défaitiste et croire que cela n'évoluera pas.
Ali est un jeune lillois qui tente désespérément d'obtenir un stage pour son bac pro, mais enchainant les refus, il va se tourner vers Djamel, un extrémiste qui va lui ouvrir une autre voie. Le film suit son parcours progressif, et nous sommes étonnés de voir la rapidité à laquelle Ali rejoint la cause islamiste. En effet, alors que le jeune est bon élève et a de solides bases familiales, cela ne l'empêche pas de tout plaquer du jour au lendemain.
Ce comportement nous fait froid dans le dos et nous interroge : Qu'est ce qui se passe dans la tête d'un homme à ce moment précis et comment peut-il passer de « l'autre côté » avec une telle facilité ? En outre, Faucon dépeint avec réalisme une France qui n'intègre pas les étrangers comme il faudrait. Au lieu de leur donner leurs chances, elle les met à l'écart et les laisse « entre eux ». Cet aspect, les extrémistes s'en servent pour intégrer ces jeunes dans leur mouvement, les voyant faibles psychologiquement et sans port d'attache. Mais on le voit bien, ce dernier n'est que folie en promouvant seulement la violence et non la paix.
En utilisant une mise en scène sobre et neutre, le cinéaste arrive à nous faire passer son message tout sauf didactique, mais d'une justesse implacable. La conclusion est grave, sans appel et profondément pessimiste, car aucune solution n'est apportée. Seule la triste réalité, dérangeante, demeure.