Durant quelques jours, on va suivre la vie de Marcello, un chroniqueur mondain qui erre de fêtes en rencontres, de femmes en amantes, mais cette vie frénétique cache en fait un mal-être qui va être de plus en plus prégnant.


Avec 8 et demi, La dolce vita est peut-être le film le plus connu de Federico Fellini, et qui a véritablement popularisé aux yeux du public le nom paparazzi, où les stars sont constamment épiées par ces photographes qui sillonnent les rues en Vespa. Tout le film est porté par l'interprétation magnifique de Marcello Mastroianni, dont Fellini disait qu'il était son double cinématographique, et il n'est pas absurde d'y voir le portrait d'un homme en perdition et je dirais même en dépression. Toute sa vie a l'air de lui filer comme de l'eau entre les doigts, avec des envies littéraires qui ne se concrétisent pas, cette relation distante avec son père, et surtout, cette valse féminine où il n'a plus l'air de savoir où donner de la tête. Mais il faut dire qu'avec ses quelques mèches grisonnantes, c'est un beau gosse, ce Marcello, d'ailleurs très bien éclairé dans cette lumière en noir et blanc.

La dolce vita est comme un film à sketches, sur plusieurs moments de cette quasi-semaine où je retiens en particulier les moments avec Anouk Aimée et bien sûr en présence de Anita Ekberg, une superstar qui va fuir les mondanités en compagnie de Marcello pour aller se baigner sur la place Veneto, un moment magique et sans doute un des plans les plus iconiques du cinéma. Sans oublier la rencontrer avec son père d'une grande froideur et le striptease d'une femme qui fête en quelque sorte son divorce à la consternation des hommes présents.


D'ailleurs, le film avait été accusé de montrer des scènes orgiaques et décadentes ; avec le recul du temps, elles sont tout à fait chastes, mais vues par le prisme de Fellini, elles montrent quelque chose de grotesque, dont l’œil de Marcello se veut témoin, mais au fond, il déteste ce qu'il est et fait, au point que tout lui passe par-dessus la tête, jusqu'à ce dernier plan assez énigmatique où une jeune femme lui sourit alors qu'il s'éloigne...

Même si ça n'est pas aussi fort que je le pensais (je pense préférer La strada), je comprends en quoi La dolce vita a quelque chose de puissant, car il incarne en quelque sorte une grossièreté, une loupe déformante de l'humanité par quelqu'un de plus humain que ces fous.

Boubakar
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le 25 déc. 2023

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Boubakar

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