"La Féline" est un mélange de film noir romantique et d’horreur fantastique que j’affectionne tout particulièrement. Plus connu sous son titre original "Cat People", le film raconte l’histoire d’Irena Dubrovna, une jeune créatrice de mode qui s’éprend d’un ingénieur naval, ce qui va réveiller en elle tout un passif lié à une tribu serbe dont elle est originaire, où le désir métamorphose les femmes en redoutables panthères noires. Superstition ou réalité ?
Le film est une véritable leçon de suggestion et de retenue, dans sa manière de créer de la tension. Il parvient à convoquer un imaginaire fantastique sans jamais le montrer, en restant toujours en équilibre sur un fil de subtilité qui ne répond jamais frontalement à la question.
Il explore les sujets de la jalousie et du triangle amoureux à travers une puissance mystique profondément féminine, jusqu’à faire d’Irena elle-même le terrain de cette tension. Au fil du film, elle glisse progressivement de protagoniste à antagoniste, de la douce ingénue à une figure de femme fatale aussi tragique que monstrueuse.
Ce long-métrage américain est surtout connu pour être à l’origine de la technique de l’effet-bus, qui donnera naissance plus tard aux mécanismes du jump scare. Pourtant, du haut de ses petites 70 minutes, il est beaucoup plus riche qu'il n'y paraît, avec, au premier plan, l’envoûtante performance de l’actrice française Simone Simon, magnifiée par la subtile mise en scène et l’enivrante atmosphère créées par le réalisateur, également français, Jacques Tourneur.