Voilà, l'année cinéma 2025 touche déjà à sa fin. Le réveillon est digéré et une nouvelle séance de Avatar : De Feu et de Cendres n'est pas des plus conseillées vu l'affluence dans les salles. Il y a donc un léger parfum de contre-programmation à l'idée d'aller voir cette Femme de Ménage dont la bande-annonce intriguait un tantinet, moi qui n'ai pas lu le bouquin d'origine.
Ce serait mentir de vous affirmer que j'ai passé un mauvais moment. Mais l'oeuvre se montre plus d'une fois perfectible. Parce que plus de deux heures au compteur sent bon la troisième part de bûche avalée goulûment, pour tout vous avouer. D'où un certain flottement, surtout en vue de la dernière ligne droite qui patine et n'est pas des plus crédibles.
Et puis, c'est comme si Paul Feig n'avait pas confiance en son public, dès lors qu'il semble se sentir obligé de tout expliquer pour éviter que l'on soit largué. Cela explique une partie des longueurs, sans doute.
Tout comme ce personnage très secondaire qui ne sert pas à grand chose, et qui n'est là sans doute que pour rehausser la part de mystère du film en une ou deux occasions.
La nature du twist, elle, on la voit arriver d'assez loin, même si La Femme de Ménage prend en vue de sa dernière ligne droite un virage inattendu sortant le film de ses rails de thriller domestique légèrement suranné, mais qui n'est jamais aussi bon quand il confronte ses deux têtes d'affiche.
Ce sera sans doute peu aux yeux de certains, mais voir Amanda Seyfried tenter de jouer l'illusion de la perfection sociale pour ensuite révéler son hystérie, son humeur sous courant alternatif et ses véritables volcans de colère laisse un agréable goût sucré en bouche. Tout comme la prise d'otage littérale du personnage incarné par Sydney Sweeney, qui ne peut que subir sa situation avant de séduire l'homme de la maison.
L'affrontement entre les deux actrices donne tout son sel au film, ainsi que tout ce que cache l'environnement de cette maison en forme de véritable catalogue luxueux de décoration : une relecture de Cendrillon mise en parallèle avec la reformulation de la lutte des classes avec Barry Lyndon en guise de clin d'oeil, une sororité a priori de façade ou encore le traitement de la toxicité et de ses ressorts.
Tout comme ce curieux mélange au final fait de thriller psychologique, d'une pointe d'érotisme soutenue par les beautiful genes de Sydney, de débordements lorgnant vers l'horrifique ou le torture porn light et la perversion des codes d'une certaine idée du romantisme.
Et si La Femme de Ménage ne tient jamais complètement la route de son intrigue un poil capillotractée, le film gagne pas mal de sympathie en ne se prenant pas trop au sérieux, ou encore en n'assénant jamais de quelconques prétentions militantes un peu dérisoires, comme le faisaient certaines camarades de jeu de Paul Feig sur un sujet identique.
Behind_the_Mask, si t'avances, quand je follicule...