5
195 critiques
Shape of You
Ca fait des mois que Sens Critique nous fait baver devant cette magnifique affiche très énigmatique... alors voilà, ça y est, je l'ai vu le dernier Guillermo del Toro, j'étais allée fortuitement voir...
le 19 févr. 2018
3 ans après Crimson Peak, film quelque peu décevant dans son ensemble, Guillermo Del Toro revient vers nous avec La Forme de l’Eau. Et je vais vous dire, quel comeback ! Une question se pose : ce film mérite-t-il les 13 nominations aux Oscars 2018 ? La réponse : Oui. Une deuxième question apparaît alors : Pourquoi ? Eh bien nous allons y répondre.
Abordons donc ce qui, pour moi, est le point le plus important qui transcende le film : la représentation des personnages par rapport au Cinéma.
Cette réflexion se fait selon 2 bases :
Par ces éléments, on est donc en droit de se demander si ce qui nous est montré et ce qu’incarnent les personnages sont représentatifs du cinéma également. A ne pas oublier que ceci n’est que théorie et que je ne me base sur aucune autre analyse faite ou écrite.
Se dégage alors selon moi 3 personnages représentant 3 choses différentes :
Tout cet aspect métaphorique est également renforcé par une séquence en particulier : celle de la danse fantasmée entre Elisa et la créature. La voix est redonnée à Elisa, on passe en noir & blanc. En plus d’être un hommage au cinéma classique hollywoodien à travers la comédie musicale, ce genre est représentatif de la forme de spectacle parfaite du cinéma. La réunification de 2 formes oubliées et considérées comme obsolètes, mais faisant partie de l’histoire du cinéma, créant la forme idéale du cinéma classique et parlant de notre cinéma actuel et de son héritage.
Un gros aspect positif du film également est le défi face au cinéma contemporain : le défi organique.
L’organique a toujours un but intéressant dans le cinéma de Del Toro, par rapport à notre capacité de croyance et cette volonté de rendre palpable ce que nous voyons. Et aujourd’hui, à l’air du cinéma numérique où tout blockbuster semble être fait entièrement sur fond vert avec des effets spéciaux à tout va jusqu’à en faire une boulimie, utiliser l’organique pour créer du fantastique est un challenge. Et personnellement, le défi est réussi.
Que ce soit le travail sur le toucher, la matière, les sons, tout est maîtrisé et donne vie à la créature. Le déguisement ainsi que le maquillage sont somptueux. Cette créature est là pour nous prouver la puissance du cinéma organique face au cinéma numérique.
Enfin abordons le point de vue technique. Tout règne en maître. Que ce soit la photographie, la musique, les personnages, le montage, le rythme, etc. Tout est maîtrisé, malgré quelques erreurs de montage, de découpage, d’écriture ou une ou 2 scènes arrivant comme un cheveu sur la soupe (comme celle où on apprend que le serveur de tarte est homophobe et raciste).
On sent l’inspiration des films de Jean Pierre Jeunet, notamment Le Fabuleux Destin D’Amélie Poulain (au niveau des lumières ou de l’utilisation récurrente d’accordéon dans la musique).
Le film respire la poésie entre Elisa et la créature. L’union entre 2 imperfections pour créer la perfection.
C’est un film qui utilise le cinéma pour parler du cinéma, et ça c’est beau.
(Edit : Après discussion avec un ami, il est vrai que le personnage de Giles, le voisin d'Elisa, est en fait Del Toro se mettant lui-même en scène : un artiste qui se dit incompris et qui va diriger les autres personnages. Préférant le dessin (l'organique) à la photographie (le numérique), la théorie se confirme avec la phrase "Green is the new red", faisant référence directement à Crimson Peak où la couleur rouge était primordial. Mais le film n'ayant pas fonctionné, La Forme de l'Eau, où la couleur verte est privilégiée, est donc amené comme le successeur de cet échec)
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de 2018
Créée
le 4 mars 2018
Critique lue 1.4K fois
5
195 critiques
Ca fait des mois que Sens Critique nous fait baver devant cette magnifique affiche très énigmatique... alors voilà, ça y est, je l'ai vu le dernier Guillermo del Toro, j'étais allée fortuitement voir...
le 19 févr. 2018
4
1220 critiques
Les quinze premières minutes augurent du pire, en mode Amélie Poulain, la revanche : ambiance désuète, images ripolinées aux teintes verdâtres, musique d’Alexandre Desplat avec accordéon de...
le 14 févr. 2018
5
2568 critiques
Je suis vraiment déçu par ce film, j'adore ce que peu faire Del Toro, mais c'est sans doute celui que j'aime le moins avec Blade II. Alors ce n'est pas mauvais, il y a plein de bonnes choses dans le...
le 19 janv. 2018
1
32 critiques
Si vous sortez récemment de votre doux foyer, vous pouvez lire sur les multiples affiches de ce film "Le meilleur film d'horreur de ces 20 dernières années." Eh bien j'aimerai fortement rencontrer la...
le 6 oct. 2016
8
32 critiques
Après s’être expérimenté dans la réalisation avec ses 2 courts métrages, Backstage en 2001 et Mauvaise tête en 2013, Camille Vidal-Naquet, enseignant en analyse filmique, se lance dans la mise en...
le 5 juin 2018
10
32 critiques
3 ans après Only God Forgives qui avait relativement partagé les avis et les critiques, Nicolas Winding Refn revient nous hanter avec son nouveau monstre cinématographique, The Neon Demon. Je voulais...
le 23 mai 2016
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème