Il y a cette petite musique, qui s'insinue, grignote, petit à petit, pénètre et qui, quelques instants après la fin, explose, dans ce moment, si rare, si précieux, de certitude d'être face à une incontestable oeuvre d'art, lorsque l'inventivité, le brio de la mise en scène, la splendeur de la photo ne servent que le discours .
La Foule, celle d'une New York gigantesque et vertigineuse, écrasante et menaçante, flots continus d'individus, marée tour à tour destructrice et protectrice, celle que l'on aimerait surplomber de singularisme, dont on recherche l'acceptation, la reconnaissance et dont on s'effraie du rejet, celle qui nous échoue si l'on ne respecte pas son courant, nous offre une riche et puissante réflexion sur la place de l'individu, de sa singularité dans notre société moderne, sur le travail, la vie de couple, domestique, l'amour, notre destin, tout à chacun se devant d'être le propre héros de sa vie, sous peine d'être englouti.
Près d'un siècle après sa sortie ,d'une incroyable contemporanéité, incontournable et indispensable, La Foule reste un absolu chef d'oeuvre.