Ted Kotcheff mélange la comédie policière et la cuisine gastronomique. Le résultat est un plat peu épicé et pas très digeste. A Londres, à Venise, à Paris bien sûr, petit tour de la cuisine européenne, de grands chefs sont assassinés. Par qui? Pourquoi?
Plus on avance dans le film, plus la réponse nous indiffère. Ce qui est contraire au principe des bonnes intrigues policières.
L'énigme de "La grande cuisine" est faible, conventionnelle, sans subtilité -pour ne pas dire bâclée- et son développement est lisible. Une jolie jeune femme, pâtissière de renom qui pourrait bien être sur la liste du meurtrier, et son ex-mari, promoteur de la cuisine fast-food américaines, mènent l'enquête.
On aurait aimé qu'en vertu de ce qui oppose les cultures culinaires européennes et américaines, le réalisateur alimente la comédie par quelques traits satiriques. Au lieu de quoi, il étoffe cette comédie criminelle par un banal marivaudage entre Jacqueline Bisset et George Segal. La vanité des chefs (quelques comédiens français dans des participations très anecdotiques) semble être la seule idée caustique que Kotcheff ait retenue du sujet. Le cinéaste a beau nous allécher avec des plats succulents, son film reste une fantaisie bavarde et sans arôme.