L'échec de Déclic et des claques en 1965 avait poussé Philippe Clair à retourner au théâtre et au music-hall. En 1971, il rencontre enfin le succès avec La Grande Java et ses trois millions de spectateurs où il en profite, en même temps, pour lancer le groupe de chanteurs parodiques Les Charlots.
Si La Grande Java ne comporte pas la vulgarité et la folie qu'on retrouve dans les films que Clair tournera dans les années 80 avec Aldo Maccione, les gags sont suffisamment stupides pour en faire un nanar de choix. Bien avant Le Führer en folie où il règlera le sort de la seconde guerre mondiale au cours d'un match de football, il tourne le rugby en ridicule. A croire que Clair avait une profonde aversion pour le sport.
Le film accumule les déguisements débiles (Les Charlots en majorette, Francis Blanche en nazi ou en bonne sœur), les grimaces outrancières, les gags tarte à la crème où on voit les protagonistes se balancer au visage de la chantilly, de la colle, les courses-poursuites digne d'un cartoon. Clair, lui, en profite pour incarner un curé pied-noir, rôle qu'il reprendra dans Le Führer en folie. Quant à Francis Blanche, il cabotine comme un petit fou en candidat municipal même si on n'est pas non plus au niveau d'un Henri Tisot.
Devant ce succès, Philippe Clair avait prévu d'aller faire ses films de bidasse avec Les Charlots qui préféreront s'en aller tourner avec Claude Zidi qui officie sur La Grande Java comme directeur de la photographie. Qu'importe : Clair les remplacera par d'autres pointures du niveau de Sim ou Jacques Dufilho..