S'il y avait un remake que l'on n'attendait pas, c'est bien celui de La Guerre des Rose, fable acide et méchante dessinant les fissures du couple que l'on ne peut combler, alors qu'ils se sont pourtant tant aimés.
Il était d'autant plus inutile que l'on savait pertinemment, surtout en 2025, qu'un film ne pouvait aller aussi loin dans la noirceur.
L'oeuvre partait de toute façon perdante face à son modèle.
D'autant plus que l'on perdait au passage toute idée de sex appeal généré par son couple vedette. Ce n'est en effet pas faire injure à Benedict Cumberbatch et à Olivia Colman, malgré leur talent, de relever que sur ce plan, on est loin du duo déjà éprouvé formé par Michael Douglas et Kathleen Turner.
On cumulait donc les handicaps.
C'est sans doute pour cela que Jay Roach ou, plus surement, son scénariste, a décidé de changer de focale en adaptant le propos du film à l'air du temps. Car mine de rien, La Guerre des Rose élargit son propos des classiques dissensions virant à la haine (relative) pour le déporter légèrement vers le problème de la conciliation des carrières et de la redistribution des tâches.
Car l'épouse débute toujours le film dans le rôle de la femme au foyer modèle ayant mis son ambition sous l'éteignoir. Avant de mieux prendre son envol en profitant de la chute de celles de l'époux, dont le rôle de chef de meute en prend un sacré coup. Le tout dans un éclat de rire et accompagné de piques drolatiques.
Il s'agit ainsi de rivalité et de jalousie, d'indépendance et de sacrifice. Il s'agit tout simplement d'exister professionnellement et de satisfaire sa part de narcissisme. Au détriment de la vie de famille et des relations entretenues.
La Guerre des Rose pose la question de cette conciliation via le personnage de Olivia Colman et son attitude, en n'apportant pas la réponse attendue à l'aune de l'air du temps et du néo féminisme. Pas sûr donc que le film soit si woke ou #MeToo friendly qu'attendu, tandis que le couple rivalise de bons mots, de vannes acides et de ressentiment dans leur affrontement et la rancoeur qu'ils se lancent à la gueule...
Avec, cependant, un fond d'amour qui reste malgré tout. Loin de la haine totale de naguère. Ce qui fera sans doute dire à beaucoup d'entre vous, ainsi qu'à la critique pro, que La Guerre des Rose version 2025 se montrera plus sage et plus lisse.
Mais ce qu'il perd en sadisme et en vitriol, le film le regagne en investissant le terrain de la comédie pure, le duo Cumberbatch / Coleman s'en donnant à cœur joie dans l'exercice de l'amour vache.
Et il reste après tout une œuvre sans temps mort, aux dialogues souvent mordants, qui fait passer un très bon moment, même si certaines épines de la surenchère ont à l'évidence perdu de leur piquant.
Behind_the_Mask, un grand cri d'amour.