Rien de tel que la douce noirceur de l’humour anglais pour égayer notre journée !
Le film m’a fait rire d’un bout à l’autre.
L’alchimie entre Benedict Cumberbatch (Theo) et Olivia Colman (Ivy) est d’une authenticité remarquable. Les deux acteurs nous proposent une performance humoristique comme on l’a rarement vu dans leurs filmographies respectives.
Ce couple passionné est crédible dans sa décrépitude. Que ce soit dans les hauts comme dans les bas, ils font preuve d’une sincérité très émouvante. L’empoisonnement de leur amour par la jalousie, les non-dits et les phrases de travers nous rappelle que la communication est un art à manier précautionneusement pour qu’un couple perdure.
Avec humour, le film traite de la difficulté de combiner carrière à succès et vie de famille, mais aussi de s’accorder sur la manière d’éduquer ses enfants en ayant un fonctionnement diamétralement opposé. À l’image des difficultés que rencontre Theo dans son métier d’architecte, construire son nid familial requiert des fondations solides et la capacité de faire des compromis.
À titre personnel, je trouve le choix de son métier et de celui d’Ivy (cheffe) très utile au propos du film. Non seulement ce sont des métiers que j’affectionne particulièrement pour leur caractère cinématographique, permettant de mettre en valeur de beaux décors et des plats délicieux pour nos yeux. Mais ils permettent aussi de souligner les traits divergents de deux âmes d’artistes talentueux : l’architecte pragmatique en quête de reconnaissance, ayant pour volonté de laisser une empreinte durable sur cette Terre, et la cheffe spontanée qui souhaite partager un plaisir intense et éphémère.
Pour autant, le film n’échappe pas non plus à certains clichés qui ont la peau dure, notamment sur les américains et leur appétence pour les armes à feu, ou encore sur le traitement de l’échec, toujours méprisé de manière caricaturale.
Malgré ces infimes détails maladroits, La guerre des Rose joue son rôle avec brio en oscillant entre rire et sincérité émotionnelle (une comédie dramatique par définition) grâce aux étincelles qui jaillissent de la friction entre ses personnages. L’amour n’est pas une science exacte, il ne rime pas forcément tous les jours avec bonheur, et chaque détail compte pour l’aider à s’épanouir.