Sympa mais un peu trash.


La narration est minimaliste, sans trop d'enjeu, Pialat s'intéressant avatn tout au quotidien, à la vie (y compris dans la mort). Alors qu'on aurait pu tomber dans la platitude ou le misérabilisme total, Pialat surnage aisément et propose un récit hypnotique, aux choix symboliques intenses (ce n'est pas pour rien si on s'intéresse à la sexualité du fiston en parallèle). C'est juste fascinant. Et puis les personnages sont bien écrits, des personnages un peu beaufs, un peu cons, très humains en fait. On pourrait taxer Pialat de voyeur tant ça paraît réel. Mais ça marche. Parce qu'il s'en tient à ses thèmes et va au bout de son idée, sans exagérer ni au contraire polir.


La mise en scène est glauque de par ce grain de pellicule, de par ces décors vieillots limite dégueulasses, de par ces acteurs aux gueules sales. Tout est sale. Et voir la gueule de cette actrice a visage palot, surtout lors des dernières scènes, est assez glaçant. Mais en même temps le découpage est neutre, pas de surenchère avec violons non plus. On filme les choses telles qu'elles sont. Le seul choix que je ne comprends pas c'est le long travelling moto de la fin.


Bref, chouette film.

Fatpooper
7
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le 19 nov. 2020

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Fatpooper

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