8
le 19 sept. 2015
SuivreL'Espagne, demain
La Isla minima s'ouvre sur une voiture immobilisée, en panne sur un chemin de terre, coincé entre les eaux ; puis, avec deux hommes, silencieux, à distance, dont rien n’indique qu’ils sont ensemble ;...
Deux flics à la mine taiseuse, se retrouvent affectés dans un village terreux, dans la profonde Espagne des années post-franquistes. Des disparitions, des meurtres, des cadavres, des champs marécageux, plusieurs suspects: tout est réuni pour une enquête policière fascinante..mais classique.
Cependant l'essentiel ne se situe pas là. Rodriguez s'est clairement émancipé du genre. Le film tourne surtout autour de l'affrontement entre les deux hommes, qui ne parviendront jamais à être de vrais partenaires. Véritables tour de force, les dialogues sont peuplés de non-dits. Les silences sont plus significatifs que les mots. Le tableau est magnifiquement dressé.
L'un, ancien tortionnaire franquiste, cherche à jouir de sa vie qu'il sait crépusculaire (on le voit malade, on comprend qu'il fait face à sa mort, dans des plans quasi-psychédéliques sur le monde qui l'entoure-puissant). L'autre, jeune idéaliste, tente tant bien que mal de nier la sauvagerie qu'il a en lui, la même qu'il juge et condamne chez les autres (elle surgira dans une superbe scène où il devient lui-même l'humble spectateur de ce que l'homme a en lui, tout au fond).
L'intrigue semble découpée en chapitres. Les césures sont en réalités ces formidables plans d'ensemble sur les paysages d'Andalousie vue d'en haut. En bas, on aperçoit d'abord les labyrinthes qui irriguent les marécages, comme les veines d'un monde asséché. Puis des écrins de verdure. Et finalement, la Isla Minima, sorte d'île-cimetière, scène finale du film.
Seul petit bémol, le film peine à convaincre dans son propos historique. Autant ne pas faire autant mention de Franco et de son héritage, si c'est pour rester à la surface et, inévitablement, se vautrer dans les clichés.
Mais c'est vite oublié, tant le reste est impressionnant de maîtrise, tant la lenteur générale est délicieusement mise au service du duel psychologique et de son ambiance. Pour moi le meilleur polar de l'année pour l'instant
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les films de 2015, Films vus en 2015 et Le cinéma, ou le meilleur moyen de s'improviser reporter de Geo Magazine sans bouger de son siège
Créée
le 5 sept. 2015
Critique lue 264 fois
8
le 19 sept. 2015
SuivreLa Isla minima s'ouvre sur une voiture immobilisée, en panne sur un chemin de terre, coincé entre les eaux ; puis, avec deux hommes, silencieux, à distance, dont rien n’indique qu’ils sont ensemble ;...
7
le 3 juil. 2015
SuivreS'il ne brille pas par une intrigue des plus renversantes, La Isla Minima compense en donnant à voir des séquences à la précision chirurgicale, ainsi qu'à la beauté plastique époustouflante. Couplé à...
8
le 3 juil. 2015
SuivreJ’ai quasi-instantanément voulu comparer ce film à True Detective, mais après le gars qui a présenté le film en a parlé, et du coup c’est fichu maintenant. Merde. Mais comme heureusement vous n’étiez...
10
le 25 août 2015
SuivreNon, non, non. Toi là! Je te vois venir, avec ton air de connaisseur, de chevronné, de celui qui n'a jamais tort, qui a la science infuse! Je te vois venir avec tes "Pour l'époque, c'est vrai que...
8
le 4 nov. 2017
SuivreClaudette ne supporte pas son chien qui lui colle aux pattes. « Du balai sale cabot » vocifère-t-elle d’une voix qui percerait les tympans du plus sourd des hommes. Il faut dire qu’elle se...
8
le 4 avr. 2015
SuivreS'il fallait ne retenir qu'une comédie dramatique, ce serait bien celle-là. Deuxième long-métrage de Sofia Coppola, Lost in Translation raconte l'histoire de deux Américains paumés au Japon. Bob...