Mon Dieu lavez moi les yeux, par pitié, que j'oublie à l'instant qu'Hilary Swank et Jeffrey Dean Morgan ont pu jouer dans un tel navet.
Le concept de JF Partagerait Appartement est réutilisé, mais légèrement adapté, afin que l'on ne crie pas au plagiat, le maniaque n'étant pas la colocataire, mais le propriétaire. Hormis cette modification, tout le reste nous est resservi, la tension en moins, et avec une incroyable surdose de clichés. A force de vouloir imposer une ambiance noire, Antti Jokinen, le réalisateur, sombre dans un morose gluant, et nous endort presque, car la première heure est un véritable havre d'ennui, chaque scène étant plus pathétique et soporifique que la précédente. L'intrigue est d'ailleurs si vide qu'il est presque impossible d'en parler sans risquer de tout vous révéler, c'est dire à quel point le scénariste a pu se creuser la cervelle. Le tout se lâche durant les dernières vingt minutes, où les deux acteurs incarnent des personnages particulièrement idiots qui ont l'air de se livrer une bataille de connerie. C'est bien de nous servir de bons acteurs, mais l'idéal c'est de les faire tourner dans quelque chose qui soit à la hauteur, car le duo, même s'il est réputé auprès des cinéphiles, est loin de faire la une des médias, et cette production inutile ne risque pas de les révéler au grand public.
Bref, La Locataire est à ce point mauvais qu'on se demande ce qu'il vient faire dans nos salles, surtout quand on sait qu'il est sorti en DVD depuis plusieurs mois outre-atlantique (et au Québec), et qu'il est fort possible que personne ne veuille subir ce supplice hors de chez lui, à moins qu'il ne prenne plaisir à dormir dans des lieux publics.
Les ricains ont du se dire que ça serait cool et branché de produire un réalisateur finnois, mais comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences, les mauvais réalisateurs peuvent surgir de n'importe quelles contrées, et pas QUE des Etats-Unis.
D'ailleurs même Jokinen semblait être peu confiant envers son film, tant la fin se révèle abrupte, mais bon, on ne s'en plaindra pas, plus long et l'envie d'automutilation aurait pointé le bout de son nez.
Le duo Swank/Morgan sauve un peu la mélasse, surtout qu'en plus on a l'occasion de voir Swank à poil, et puis Christopher Lee nous revient alors qu'on le croyait en train de passer une retraite tranquille, mais au final on hésite entre accorder des points grâce à leur présence, ou en retirer justement parce qu'ils ont été corrompus par une telle production.
Pour conclure, à moins d'aimer la torture mentale ou n'avoir absolument rien d'autre à regarder, vous ne serez pas satisfait par ce vague thriller moribond.
Mention spéciale pour la production, Hammer Films, qui après avoir réussi à renaître de ses cendres et produit l'inattendu Laisse moi entrer, se plante ici joyeusement la gueule.