Comme les espaces médiatiques ne semblent pas prompt à donner un vision éclairée de ce que peut être la réalité des maisons closes et le sort de celles et ceux qui y travaillent, les artistes se sont toujours saisis de la question pour envisager différemment le plus vieux métier du monde. De La Maison Tellier de Maupassant - qui pointe l’ambiance bon enfant et respectueuse de la maison close, jusqu’au récent Mascarade, en passant évidemment par la conversion au métier dans le Belle de jour de Luis Bunuel sorti en 1967, le premier long métrage d’Anissa Bonnefont s’inscrit dans cette tradition d’auteurs qui osent montrer ce qui se trame derrière les rideaux rouges et dans les esprits de celles qui choisissent ce métier. Et contrairement à la prostitution masculine du Sauvage de Camille Vidal Naquet, qui avait tout de violence, la vie de cette maison close semble relativement calme. Adaptation de l’auto-fiction d’Emma Becker, qui est devenue escort dans une maison close à Berlin, le personnage principal est incarné avec justesse par Ana Girardot, parfaite candidate pou le rôle.