Sa femme (Lee Remick) ayant fait une fausse couche, Robert Thorn (Gregory Peck) accepte d'adopter à la place un bébé dont la mère vient de mourir, à l’insu de son épouse. Cinq ans plus tard, ce fils adoptif (Harvey Stephens) se retrouve impliqué au cœur de morts étranges. Un prêtre (Patrick Troughton) alerte alors Thorn que son fils n’est autre que l’incarnation de l’Antéchrist, et que Satan va bientôt se réveiller en lui...
Les films d’épouvante sur fond de satanisme étant à la mode depuis Rosemary’s baby et L’Exorciste, Richard Donner surfe sur leur succès avec La Malédiction. Ce n’est pas une mauvaise idée, mais le film a pris un certain coup de vieux, malgré la quasi-absence d’effets spéciaux et la présence d’un casting plutôt bon.
C’est surtout dans le traitement de son intrigue que La Malédiction a passablement vieilli, accusant de nombreuses longueurs et une écriture parfois peu rigoureuse, notamment autour des personnages secondaires comme le père Brennan ou le photographe - ce dernier ne servant d'ailleurs pas à grand-chose -, aux réactions pas toujours logiques
(le père Brennan qui se laisse prendre en photo dans la rue dès que le photographe importun le lui demande, ou bien la mort du prêtre, attendant patiemment que le paratonnerre lui tombe dessus au lieu de s’enfuir pour l’éviter : c'est du détail, mais ça n'aide pas toujours à rentrer dans l'ambiance).
Reste que la faiblesse du budget du film lui donne une sobriété que ses semblables n’ont pas toujours, lui évitant constamment de tomber dans le kitsch. Si l’atmosphère globale ne parvient plus à susciter la moindre angoisse malgré la bande originale mystérieuse et menaçante de Jerry Goldsmith et une fin particulièrement osée, La Malédiction est donc un film d’épouvante peu inventif mais tout-à-fait honnête et sans esbroufe, ce qui est toujours appréciable.