Dans une petite ville de province, une jeune femme orpheline, qui vit avec son oncle antiquaire, et qui ne s'apprécient pas, va vouloir rencontrer d'autres personnes, en l'occurrence des gens de son âge qui roulent en Vespa. Cependant, pour entrer dans leur bande, elle va devoir prouver sa bonne foi. Jusqu'à l'irruption d'un drame au sein de ce groupe où elle va accuser un homme qui lui a fait du charme, un pharmacien...
En relisant des passages de l'autobiographie de Gérard Oury, Mémoire d'éléphant, je suis surpris de voir que ce film, le deuxième en tant que réalisateur, n'est pas cité, comme s'il en avait honte. Alors que pourtant, avant son virage dans la comédie avec le dernier sketch du Crime ne paie pas, c'est un très bon thriller sur les conséquences d'une accusation, dont on peut se demander si le personnage joué par Marie-Josée Nat n'est pas vue comme une mythomane. Outre que ça parle aussi de son époque, des jeunes qui roulent en Vespa sans casque en bande comme pour marquer une rébellion à l'autorité parentale, sans qu'ils ne soient non plus des blousons noirs, c'est aussi l'histoire de cette jeune femme qui veut prouver qu'elle existe malgré tout et qu'elle veut s'intégrer, quand bien même elle est très mal vue par son oncle (qu'elle appelle d'ailleurs cousin). Jusqu'à acheter une motocyclette ainsi que des vêtements davantage à connotation américaine comme un jean ou un blouson d'aviateur.
Et il y a aussi la composition assez marquante de Robert Hossein, le pharmacien qui fait du charme à Marie-Josée Nat, qu'elle rencontre un jour de perdition sans qu'elle ne veuille aller plus loin qu'une séance de cinéma, et lui se montre plutôt pressant, ce qu'elle ne veut pas. Le regard de l'acteur a quelque chose de noir, tout comme l'est cette histoire de meurtre à plusieurs tiroirs, et on retrouve aussi au casting Elsa Martinelli (qui joue son épouse), ainsi que Robert Dalban, tout en retenue en commissaire de police à qui on le fait pas. Il y a aussi Gérard Oury qui joue aussi un petit rôle, un médecin qui va ouvrir et conclure le film.
La menace est vraiment étonnant, à mille lieues de ce que fera le réalisateur par la suite, très bien réalisé avec tout un travail sur le cadrage, notamment un très bon plan penché, qui fait penser au genre Noir, et si on peut regretter que les acteurs et actrices qui jouent cette bande de jeunes rebelles, dit les Mariolles, ne sont pas très justes, on a là une très bonne découverte.