Ainsi donc, une nuit de la Saint-Jean, un ange blond s'échoue sur les galets d'une plage bretonne. Avec pour seul viatique sa bite et son couteau. Enfin, même pas, puisqu'il est nu et que le sexe des anges, hein ? La population locale ne va pas tarder à prendre en grippe cet éphèbe qui se promène à moitié à poil et effraie les animaux. Tiré d'un récit méconnu de H.G. Wells, dialogué par Didier Decoin, ce quasi dernier film de Carné fut fort moqué à sa sortie pour sa naïveté et pour l'interprétation consternante de l'inconnu Gilles Kohler, et qui le resta, inconnu, aussi expressif qu'un bigorneau. Ce conte, qui oppose la pureté de la créature céleste à l'incompréhension et l'hostilité d'une foule pas très sentimentale, malgré les envolées celtiques d'Alan Stivell, peut se prévaloir de quelques ilots de poésie dans un océan de niaiserie qui fait sourire. Un ange passe.