Un vieil homme, qui habite une petite maison, refuse de la quitter alors qu'autour de lui se construisent des HLM, et que sa présence gêne pour finir le chantier.
Le film m'intéresse beaucoup, non seulement cinématographiquement, mais aussi il parle en substance de son époque. Celle où, depuis le milieu des années 1950, la France se dispose de HLM autour de Paris, avec l'érection de bâtiments pouvant loger des milliers de personnes, avec l'arrivée massive d'immigrés pour pallier au manque de main-d’œuvre avec les multiples guerres de ce temps-là, on sent que le réalisateur, Robert Menegoz, s'est documenté sur le sujet, sur ces gens qui refusent d'être expropriés, au prix de laisser leur maison autour de ces HLM. On le voit dans Le chat, ou dans Terrain vague de Marcel Carné, et La millième fenêtre parle de ça. Ce personnage joué par Pierre Fresnay, dans une grande sobriété pour ce qui sera son dernier rôle au cinéma, qui refuse de quitter ces lieux, avec un procès gagné contre le promoteur car il était là avant eux en quelque sorte, et on va tout faire pour l'en déloger. Menace, jets d'eau ou de pierres, on essaie de l'enfumer, pression constante des voisins et professionnels dont le jeune architecte joué par Jean-Louis Trintignant... Mais il tient coute que coute, toujours dans sa bonne humeur, persuadé d'être dans son bon droit, et qui est en sorte son dernier baroud d'honneur en tant qu'ancien militaire : tenir sa position.
Même si l'histoire a tendance a rajouter des couches et des couches, notamment avec l'arrivée d'une jeune femme jouée par Barbara Kwiatkowska, qui va se prendre de sympathie pour ce vieil homme, obligeant son petit ami Trintignant à faire un choix, je trouve le film plus intéressant qu'il n'y parait. Notamment dans sa mise en scène qui se plait à filmer ces immeubles de manière impersonnelle, blancs, sans charme aucun, face à cette petite maison qui est le signe d'un autre temps, et avec des notes ironiques bienvenues, notamment au tout début où les nouveaux occupants des HLM tombent sur une gestion labyrinthique pour aller leur boite à lettres.