On a tendance à saluer les films français qui tentent le fantastique ou l'horreur, car ils sont considérés rares. Pourtant à l'époque le genre faisait parler de lui. "Grave" sorti quelques années plus tôt, "Titane" la même année, plus récemment "The Substance" (certes tourné en anglais).
"La Nuée" n'est donc pas un cas isolé, pour autant je reconnais l'effort et l'idée de mélanger le film rural avec le fantastique. Virginie, veuve exténuée, élève ses 2 enfants... ainsi que des sauterelles, qu'elle tente de vendre malgré les réticences et les préjugés. La vie est dure, jusqu'à ce que Virginie découvre que ses sauterelles se développent à vitesse grand V lorsqu'elles boivent du sang...
C'est amusant de voir une oeuvre sur la condition d'éleveur, avec en sous-main des hordes de créatures assoiffées de sang. Néanmoins le film ne va pas jusqu'au bout de ses idées. L'essentiel demeure dramatique : si l'ambiance délétère est bien construite, ça ne dégénère vraiment que dans les 15 dernières minutes. L'humour noir que j'avais espéré n'existe pas. Et plusieurs personnages secondaires sont très peu utiles au récit, alors qu'il aurait été jouissif d'en voir quelques-uns, bien antipathiques, se faire croquer par les criquets.
Par contre je souligne le gros travail effectué sur les sons, qui permet de limiter les plans de nuées de sauterelles. Et tout de même, les gros plans réussis sur les insectes, ce qui ne doit pas être chose aisé (j'ai plusieurs fois pensé à "Phase IV").