Sous la voute céleste, bercé de comptines et cantiques, file ce météore poétique qui éclaire l'affrontement biblique entre la fée, nourrice et l'ogre cupide.
Décors stylisés, violents jeux d'ombres et lumières, l'emprunt à l'expressionnisme allemand, au cinéma muet (avec Lilian Gish) se conjugue à la fabrique d'un bestiaire féérique au fil de l'eau.
Relisons la critique de François Truffaut qui visiblement déplore le mélange de genre :
"Dommage, oui, car en dépit des heurts de style, La Nuit du chasseur est un film d'une grande richesse d'inventions qui ressemble à un fait divers horrifiant raconté par des petits enfants. Malgré la beauté de la photographie de Stanley Cortez, l'homme qui éclaira si extraordinairement The Magnificent Amberson (La splendeur des Anderson), la mise en oscille du trottoir nordique au trottoir allemand, s'accroche au passage au bec de gaz expressionniste en oubliant de traverser dans les clous plantés par Griffith. Charles Laughton ne craint pas de briller quelques feux rouges et de renverser quelques policiers dans ce film unique qui fait aimer le cinéma de recherches quand il cherche vraiment et le cinéma de trouvailles quand il trouve !"