Ce n'est pas parce que c'est un bon film que c'est agréable à suivre. Et oui, ces Allemands-là ont besoin de prendre l'air ! Passer deux heures et demie en leur compagnie fait l'effet d'un séjour dans un caisson de décompression avec une punaise écrasée. Ça commence par un père frappé par une probable maladie d’Alzheimer, qu'il faut évacuer d'urgence en Ehpad parce qu'il se promène tout nu et fugue de l'appartement où il vit avec sa femme, qui peine à l'accompagner parce qu'elle ne rajeunit pas non plus, notamment des sphincters. Ces deux pauvres vieux ont deux enfants. Le garçon est chef d'orchestre et embringué dans une histoire de parentalité moderne particulièrement compliquée. La fille est une paumée finie, qui n'en finit pas de boire comme un trou et de mener une vie pour le moins dissolue. Ce qui ne serait aucunement un problème si elle respirait le bonheur. Autant dire qu'aucun de ces 4 personnages n'est un joyeux drille. La famille est parfaitement dysfonctionnelle et tout ce qui arrive à chacun d'entre eux suffirait à remplir un roman d'Olivier Adam. Bref, on ne se marre pas tellement tellement, même lorsque leurs mésaventures frôlent le tragi-comique, comme par exemple ce concert foiré d'anthologie qui exauce les fantasmes réprimés de n'importe quel spectateur confiné dans une ambiance feutrée et redoutant l'interruption accidentelle. Un truc qu'on redoute et que le film se complaît à nous faire vivre, comme beaucoup d'autres, accouchements, séances douloureuses chez le dentiste, etc. Il ne faut donc pas négliger le côté masochiste de cette œuvre pesante, tout à fait assumée. La vie, vue comme ça, c'est effectivement pas mal de merde, un peu de vomi, du ridicule, des emmerdes, des déceptions et des humiliations, parfois. Mais bon, il faut aimer se faire du mal pour oblitérer aussi systématiquement les moments lumineux et moi, le masochisme, je ne suis pas tellement fan. Donc vous pouvez vous éviter cet inconfort si vous êtes un peu comme ça aussi...