Malle, au cours d'un entretien, faisait part du fait que le spectateur, à la sortie de la salle de cinéma, faisant quelques pas, devait seulement commencer à réaliser ce qu'il venait de voir.
La Petite n'est pas... et on pourrait faire une longue liste ! N'est pas un film voyeuriste, pornographique, moraliste, dénonciateur, scandaleux, scabreux, provocateur, que sais-je encore !
Malle n'explique rien. Il montre. Par le cinéma et uniquement le cinéma. Prodigieusement. Mieux que personne. C'est techniquement d'une maîtrise superlative. Le huis clos de la maison... close permettant des cadrages, des travellings et des compositions de plans de toute beauté. Le montage entre deux séquences est souvent abrupt et nous oblige à regarder. Jusqu'au corps nu de Brooke Shields sur un canapé, en train d'être photographié. Et c'est elle, redevenue une petite fille, qui nous regarde droit dans les yeux lors du plan de fin, un regard dur et déterminé. Elle, qui a été le jeu puis la victime d'un environnement malsain oú règnent l'argent, le profit et la marchandisation perverse de tous les corps. Et aucune âme secourable.
Un film dérangeant. Un vrai film de cinéma.