Un peu de fantaisie n'est pas de refus en ces temps sanitaires et Antonin Peretjatko s'y emploie avec La pièce rapportée, successeur de La fille du 14 juillet et de la Loi de la jungle qui n'ont cependant pas laissé de souvenir impérissable. Ce sera aussi le cas pour ce troisième film, malgré quelques situations amusantes et des personnages hauts en couleur. Cette comédie de mœurs se veut primesautière, tout en véhiculant quelques messages sociaux, en opposant haute bourgeoisie exsudant de morgue et classes populaires exsangues et en se gaussant gentiment de la fameuse théorie du ruissellement des richesses. Le film présente la revanche des moins nantis dans un récit formellement désuet où les péripéties semblent tout droit sorties d'un bon vieux vaudeville. La pièce rapportée garde une légèreté en toutes circonstances, avec une tendance au burlesque et à l'absurde pas suffisamment exploitée, en misant sur quelques quiproquos mais surtout sur l'abattage de ses comédiens. Les seconds rôles sont hélas plutôt sous-exploités (Sergi Lopez, William Lebghil), à l'exception notable de Philippe Duquesne, irrésistible en détective privé, lointain émule de Bogart. Il y avait beaucoup à espérer de la confrontation entre la pétillance d'Anaïs Demoustier et le cynisme de Josiane Balasko, arbitrés par le côté lunaire de l'immense Philippe Katerine. L'alchimie fonctionne par à-coups mais prodigue quelques uns des meilleurs moments du film. C'est toujours cela de pris sur la morosité ambiante.

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le 6 déc. 2021

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