Berlanga, avec l'étonnant Grandeur Nature, et Kore-eda, avec le décevant Air Doll, font partie, parmi d'autres, des cinéastes qui ont mis au premier plan le personnage symbolique de la poupée gonflable. Sophie Beaulieu n'a pas encore l'aura de ces deux réalisateurs, mais elle n'a pas hésité à empoigner le sujet, tout en l'incluant dans une réflexion plus large sur le couple et le statut social des célibataires dans le monde du travail et, plus prosaïquement, au sein de leur famille. Attention, c'est une comédie, et même romantique, en l'occurrence, qui a pour premières vertus de ne pas se prendre trop au sérieux et de prétendre surtout à nous divertir. Mission plutôt réussie dans l'ensemble, avec une fantaisie de bon aloi, un joli sens de l'absurde et même une dose légère de fantastique. Les dialogues sont ciselés et souvent très directs, voire triviaux, en tout cas délectables, à quelques exceptions près, les situations sont croquignolettes et le rythme soutenu pendant 80 minutes. Mais le plaisir vient avant tout des interprétations, avec un Vincent Macaigne parfait dans l'ébahissement, mais d'abord une Cécile de France de compétition et adorable et une Zoé Marchal, la fille d'Olivier, qu'on aimerait certainement voir bien plus fréquemment au cinéma, à l'avenir. C'est une poupée à laquelle on dit oui, oui, oui.