Une très chouette distribution dans ce film social qui dénonce et prétend dénoncer les travers d’une classe bourgeoise de parvenus décadents et fort mal élevés, a fortiori lorsque ça se passe dans une bourgade du Texas où bien évidemment tout le monde est armé… comme au temps du Far West…!
Hypocrisie et manque de respect vis-à-vis de l’autorité, pouvoir de l’argent tout puissant et des faux-semblants, les péquenauds qui ont de l’argent couchent avec la femme du voisin et font la bringue le samedi soir, y compris leurs ados tout aussi décadents qu’eux, car eux aussi sont mal élevés et sans égards… Et dans ce ‘western’ moderne, on fait volontiers justice soi-même surtout lorsqu’un gars du patelin (Redford, transparent comme d’habitude) s’est tout juste échappé de prison !
Arthur Penn charge la barque tant qu’il peut et il a parfois raison, non il a souvent raison à dire vrai mais c’est la manière et la lourdeur de l’ensemble qui nuisent à son propos, trop… lourdement appuyé jusqu’à la caricature ! ce n’est malheureusement pas assez caricaturé pour que ça en devienne drôle, hélas, car la maladresse ici permanente reste quoi qu’il arrive vissée tout au premier degré.
La lenteur générale n’aide pas non plus, ni ce ‘grand final’ qui en rajoute encore une ou deux couches supplémentaires juste au cas où… mais la distribution aide néanmoins presque à faire passer ce film lourdingue pour un film correct ou à tout le moins tout à fait regardable même si la musique pourtant signée John Barry est particulièrement nunuche et pleurnicharde : on ne reconnaît pas ici le grand John et son style inimitable, hélas !
La distribution disais-je, j’y viens avec Marlon Brando en shérif dépassé par les évènements : un Brando impérial, une carrure et un charisme encore intacts à cette époque (pas encore trop gros) pour un personnage fort et vulnérable à la fois. Jane Fonda est une ravissante blonde à cette époque et Angie Dickinson bien jolie aussi (la femme du shérif) ; à noter aussi un petit rôle de tocard pour l’excellent Robert Duvall.
Dans le fond donc, un film pas inintéressant et aux bonnes intentions mais trop souvent lent et maladroit dont on voit venir les gros sabots (ou les santiags) à des km : un peu trop gauchiste et geignard en somme, ceci expliquant cela.