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On n’a pas le choix
On pourrait croire, en abordant La Promesse, que les frères Dardenne racontent une histoire modeste. Un fait divers presque : un jeune garçon, Igor, pris dans la nasse d’un trafic d’ouvriers...
le 10 mai 2025
Pensé comme diptyque avec Rosetta, La Promesse en constitue une variation plus maîtrisée : sur un renversement des motivations personnelles, la jeune fille sacrifiant tout pour trouver un emploi là où Igor quitte son apprentissage en mécanique, les frères Dardenne interroge l’épanouissement d’une jeunesse au sein d’une Belgique désolée, en pleine crise économique, compose le portrait du parent défaillant en ce qu’il retire son enfant du système scolaire ou professionnel par contraintes directe ou indirecte – les appels téléphoniques intempestifs de l’un, les chutes dans l’alcoolisme de l’autre. De même, les films captent bien les passages de leurs personnages, leurs déplacements (sens physique) comme leurs évolutions (sens moral) matérialisés par des voyages quotidiens à pied ou en mobylette. La mise en scène articule intelligemment les plans d’ensemble, dessinant un paysage urbain monotone et sale, et les plans resserrés qui nous intègrent dans l’urgence des situations.
La Promesse surprend par son refus de ton schématisme : Igor s’avère des plus surprenants, semble improviser son comportement à l’égard de son père ou de la veuve Assita selon ses états d’âme ; de manière similaire, Roger peut passer de la plus grande violence à la tendresse joviale. Ce balbutiement de caractères contribue à la complexité des personnages, qu’interprètent de remarquables comédiens, Jérémie Renier – pour son premier rôle – en tête. Une belle réussite.
Créée
le 1 avr. 2025
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