Toujours intéressés par la nouvelle mouture d'une même histoire, nous suivons avec indulgence l'intrigue que nous connaissons bien du sabreur émérite, déchu car amputé, phoenix qui renaît de ses cendres avec une nouvelle dextérité née du handicap, enrichie d'une connaissance nouvelle de la vie, des conflits et des arts martiaux, acquise après une période de marasme psychologique et social.
La narration et les rapports des personnages sont simples, presque simplets, mais rehaussés par une luminosité naïve qui les rend tous attachants, y compris le méchant au nunchaku, qui a un beau visage rusé et une sorte de noblesse dans la fourberie.
Le seul personnage qui ne tire pas vers le haut son épingle du jeu est la jeune femme, faire-valoir sans cervelle du héros et de son amitié avec un autre sabreur à deux épées (même sa course finale pour se jeter dans le bras unique du héros resté seul sur un pont parmi une multitude de cadavres n'améliore pas son romantisme de pacotille).
La réalisation aussi est simplette, alternant des plans fixes, des plans larges et des zooms, sauf dans les scènes de combat, extrêmement soignées, tandis que les chorégraphies sont captivantes et dans les moments critiques étincelantes.
Le héros sabreur avait initialement deux sabres. Néanmoins il perdit contre un maître aux trois bâtons articulés. Devenu manchot, sa dextérité sera-t-elle réduite de moitié ? Survient un nouveau héros à deux sabres qui deviendra son ami. Il subira la même botte secrète du fléau articulé, mais plutôt que de s'amputer comme fit le héros, il s'entête et la scène de sa mort, spectaculaire est - comme annoncée dans la bande annonce - barbare. Pour venger son ami, le manchot reprend son sabre. Un seul sabre contre trois bâtons, lesquels furent deux fois vainqueurs de deux sabres bien tenus ? Le dernier combat comporte une astuce mathématique, physique, et circassienne qui emporte l'estime du spectateur intrigué.
L'originalité de trois moments (le premier avec l'auto amputation, le second avec la mort de l'ami loyal, le final avec l'ingénieuse compensation du handicap qui réussit à ce que "un bras + un sabre = quatre") au milieu de toute une série de combats intermédiaires plutôt machinaux, rachète si bien tout le reste, puéril mais qui leur sert d'écrin, que l'excellente réputation du film est méritée.