En revoyant ce film bien longtemps apres sa sortie de 1976, je découvre que si j'avais gardé de l'époque le souvenir d'une romance mélancolique et d'un humour permanent et discret, j'avais effacé la composante tragique, pourtant très présente dans cette variation sur la lutte commune et l'amour réciproque de Robin des Bois et Lady Marianne.
La derniere scène est belle : elle semble un écho - peut-être même un hommage - à la mort des amants de "A Walk with Love and Death »(Promenade avec l’ amour et la mort)" de John Huston de 1969. C’était une fin tragique qui n'était que suggérée, mais dont le sens était qu’un amour partagé assume mieux une mort volontaire ensemble alors qu’une mort qui est subie et qui sépare peut être dégradante.
Ici la fin a le même sens et Lester arrive aussi à la dissocier de la douleur, mais par un autre procédé de cinéma.
Alors que dans le film de Huston, on la devinait sans la voir, ce qui atténuait l'émotion, ici on voit les amants mourir mais leur fin est embellie et surtout adoucie par le déploiement d’un échange et d'un dialogue magnifiques entre les personnages joués par Audrey Hepburn et Sean Connery.
(Notule de 2020 publiée en oct. 2024).
Remarque : on peut lire dans le blog l’Oeil sur l’ Ecran une superbe critique et surtout des commentaires détaillés, très informatifs et pertinents.
Revu ce film aujourd'hui.
Je dois rajouter qu'il est excellent du début à la fin, avec notamment un réalisme rare et attractif pour les relations entre les personnages aussi bien que pour les combats moyen-âgeux, alors qu'ils sont marqués par la pesanteur des corps, par l'alourdissement et la fatigue liés à l'âge, et par la résistance naturelle qu'opposent aux humains les objets et les choses.
Cette pesanteur si présente reste compatible avec le mouvement de la vie que ce film exalte de manière paradoxalement joyeuse et stimulante.