La Rose noire
5.6
La Rose noire

Film de Henry Hathaway (1950)

Aventures médiévales dont les clichés et le casting sont à moitié attractifs et à moitié de traviole

Dans ces films au contexte médiéval, si on n'est pas dans la grande Histoire, ou à l'inverse si on n'est pas dans l'histoire d'amour singulière (comme Le Seigneur de la Guerre ou Promenade avec l'Amour et la Mort ou encore La Rose et la Fleche) et si on est plutôt dans le film d'aventures qui avait cours dans les années 40 ou 50 (tournois, demoiselles en détresse, intrigues et félonies) comme ceux que Robert Taylor rendit plus tard célèbres (IvanhoéLes Chevaliers de Table Ronde) on doit être indulgent sur le scénario, car les péripéties sont toujours cousues de fil blanc.

Ici, en plus de l'action qui pêche de ce côté, il y a l'inspiration historique des conflits dont les interprétations sont plutôt primitives.

Mais on peut extraire de positif une nostalgie de la terre natale et le sentiment d'appartenance à l’Angeleterre au delà d'être saxon (pour Tyrone Power et Jack Hawkins) ou d'être un roi normand (pour Michael Redgrave), qui sont plutôt bien traités. Mais c'est peut-être anachronique, une revisite a posteriori du sentiment d'identité nationale anglais qui n'existait pas à l'époque.

Il y a d'autres curiosités dans ce film.

Chaque plan est aussi beau qu'un tableau. La "Technicolor consultant" Joan Bridge fait des prodiges. C'est son premier "on her own" car auparavant elle était restée l’adjointe de Natalie Kalmus pendant 12 ans - cette dame, son mentor, fut la meilleure coloriste d'Hollywood et il n'y a pas un de ses travaux qui ne soit un somptueux Technicolor, qui sauve nombre de films de l'oubli ou de l'ennui intégral.

Orson Welles est le chef de guerre sanguinaire Bayen et il en fait une excellente composition, avec une touche d'ironie bien à lui.

Hélas, Cecile Aubry est ici une "femme enfant" vraiment insupportable : cette erreur de casting manifeste est sans doute due à son très important succès dans Manon de Clouzot l'année précédente (1949).



C'est d’autant plus gênant que Tyrone Power et Jack Hawkins semblent de leur côté bien trop vieux pour les personnages et donc encore plus pour elle.

Tout cela plombe la romance (qui dans ces intrigues est censée être aussi attractive que l'action) au point que c'est tout le film, contaminé en entier si on manque d'indulgence, qui peut sembler désagréable. 

Michael-Faure
6
Écrit par

Créée

le 29 déc. 2024

Critique lue 72 fois

Michael-Faure

Écrit par

Critique lue 72 fois

3
2

D'autres avis sur La Rose noire

La Rose noire

La Rose noire

6

Michael-Faure

436 critiques

Aventures médiévales dont les clichés et le casting sont à moitié attractifs et à moitié de traviole

Dans ces films au contexte médiéval, si on n'est pas dans la grande Histoire, ou à l'inverse si on n'est pas dans l'histoire d'amour singulière (comme Le Seigneur de la Guerre ou Promenade avec...

le 29 déc. 2024

La Rose noire

La Rose noire

2

JeanG55

2415 critiques

La blonde rose noire

L'idée de base du scénario promettait d'être intéressante ; en effet, la lutte féroce entre saxons et normands s'est terminée par une victoire des Normands ; un noble saxon Walter (Tyrone Power)...

le 14 nov. 2020

La Rose noire

La Rose noire

1

estonius

6585 critiques

Un scénario est d'une ineptie à peine croyable

Rien à sauver, le scénario est d'une ineptie à peine croyable, ça cause de trop et la direction d'acteur est déficiente, si Power essaie de s'en sortir et si Welles nous fait son petit numéro, Jack...

le 8 sept. 2019

Du même critique

La 7ème cible

La 7ème cible

7

Michael-Faure

436 critiques

Thriller à l'intrigue paranoïde aussi patiné par le temps que le visage magnifique de Lino

C’est un de ces thrillers à l’intrigue paranoïde où les raisons de la persécution ne deviennent explicites et rationnelles que dans le dernier tiers du film. Comme le rythme est lent, c’est un peu...

le 1 août 2025

Rio Bravo

Rio Bravo

9

Michael-Faure

436 critiques

Premier opus très célèbre, à l'équilibre parfait, de la trilogie Rio Bravo, El Dorado et Rio Lobo

Premier opus de la trilogie de Howard Hawks : Rio Bravo (1959), El Dorado (1967), et Rio Lobo (1970), c'est un des westerns les plus connus du grand public.La trame est semblable dans les trois...

le 25 déc. 2025

À la poursuite d'Octobre rouge

À la poursuite d'Octobre rouge

8

Michael-Faure

436 critiques

Thriller prestigieux où une partie d'échecs sous la mer rajoute du billard à trois bandes.

Quand on revoit A la Poursuite d'Octobre Rouge, on ressent à quel point la partie d'échecs à distance est une composante majeure de ce qui nous subjugue dans un film de sous-marins. Le raisonnement...

le 26 nov. 2025