Il arrive parfois, quand on a vu beaucoup de westerns, qu'on pense en voir un nouveau, et qu'on se retrouve devant un film qu'on a déjà vu, certes il y a longtemps.

C'était donc le cas de cette Ruée sauvage, dont je me souvenais somme toute assez bien, à part pour le titre.

Il s'agit d'un western à gros budget avec Randolph Scott, filmé par un réalisateur inconnu, mais qui fait ici du bon travail.

Déjà parce que le budget confortable permet des scènes spectaculaires, de celles qu'on a l'habitude de voir dans les westerns, rapport ici au convoyage du bétail.

Le ton est bon enfant, dans la lignée de ce qui se fait dans ces années-là, mais clairement au-dessus du lot. On peut d'ailleurs reprocher que le film ne choisisse jamais d'aller vers une intensité dramatique que pourrait suggérer et le thème, et les péripéties.

Le thème, du moins le thème principal, parlons-en justement, car il n'est pas courant. Le film s'attaque au sujet épineux des carpetbaggers, ces profiteurs yankees venus faire fortune sur les ruines du sud dévasté par la guerre de Sécession. C'est un sujet d'autant plus intéressant qu'on ne peut comprendre certaines situations actuelles sans revenir à cette période. Un siècle et demi plus tard, les cicatrices de la guerre de Sécession ne sont pas encore refermées. Ajoutons à cela des confédérés refusant la reddition et s'enfuyant au Mexique afin de quérir l'aide de Maximilien.

Mais le film, on l'a dit, reste bon enfant. Non pas qu'il ne comporte pas son quota de fusillades et de fourbes machinations, mais il prend le parti d'en rire malgré tout. Il s'agit surtout d'une comédie.

C'est un choix qui fait de La ruée sauvage un film fort sympathique. Mais c'est aussi, peut-être, ce qui l'empêche de prétendre faire partie des grands westerns.

Reste qu'on a toujours plaisir à voir Randolph Scott, que Joan Bennett joue un personnage féminin tout à fait convenable, dans un western de 1938 ce n'est pas rien, et que l'aspect spectaculaire fait que le film a bien mieux vieilli que d'autres westerns de l'époque. Ajoutons à cela Walter Brennan dans l'un de ses rôles de vieillard volubile et amusant (il est vieilli pour le rôle), et la présence de Francis Ford, le frère de John Ford, des traversées de fleuve par du bétail, le stampede de rigueur et une attaque d'indiens, et l'amateur du genre se fera une joie d'avance de le découvrir.

Même involontairement, c'était un plaisir de le revoir.

BigDino

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