La Rupture
6.5
La Rupture

Film de Claude Chabrol (1970)

Inégal et glauque à son paroxysme-rupture à double sens..

Stéphane Audran, muse de Chabrol à son apogée, joue le rôle à la perfection dans une affaire sordide.

Monde cruel au scalpel.

Libre tel un lâcher de ballons.

Le film d’emblée nous plonge dans la violence domestique. Celle d’un père en proie à une crise qui tente d’étrangler sa femme et envoie valdinguer son fils de 4 ans contre un meuble au sol. Stéphane Audran, perdue, prend son fils sous le bras et l’emmène à l’hôpital. La séparation est la seule issue vu ce qu’elle endure depuis plusieurs années, contrainte d’entretenir son mari drogué et oisif, se faisant passer pour un écrivain. Au passage, Jean-Claude Drouot surjoue et son jeu est invraisemblable, pleurnichant sur son sort sans même se soucier de son fils à l’hôpital ayant une jambe cassée et un traumatisme crânien, grâce à lui. Issu de la haute bourgeoisie, son père joué par un Michel Bouquet teint en blond, encore plus cynique que d’habitude, s’empresse de charger un truand (Jean-Pierre Cassel), qu’il sait être dans le besoin, de trouver des preuves de l’éventuelle amoralité de sa belle-fille. Il n’a jamais apprécié leur mariage et leur a toujours mis des bâtons dans les roues. Le déroulé de l’histoire devient glauque au fur et à mesure du film, lequel fait état d’énormités et d’invraisemblances. Chabrol part dans tous les sens pour dénoncer le pouvoir de l’argent, le sadisme, la misère intellectuelle, la perversion sexuelle, la corruption de la Bourgeoisie. Cela en devient grotesque ! Une pension de famille délabrée dans laquelle vivent trois vipères jouant au tarot et épiant les faits et gestes des pensionnaires, un artiste de théâtre au chômage et le mari (Jean Carmet) adepte de la bouteille du matin au soir, en cachette de sa femme, tenant cette pension complètement hétéroclite. C’est là qu’Hélène Régnier (Stéphane Audran) s’est installée, sur les conseils du docteur Blanchard, afin de séjourner non loin de l’hôpital où se trouve son fils. Au passage, ce médecin n’y est pratiquement jamais et ne lui est pas d’un grand secours. Ludovic Régnier, le grand-père, moyennant finances, surveille sa belle-fille et manigance moultes raisons contre elle, dans l’espoir d’obtenir la garde de son petit-fils, de la mettre sur la paille et l’isoler de toutes ses ex-amies. Malgré tout, Hélène Régnier semble tenir bon. Dès le départ elle a pu rencontrer un avocat joué par Michel Duchaussoy auquel elle a relaté ses déboires et pour lui, il ne fait aucun doute que la garde de l’enfant ira exclusivement à la mère. Pas un Chabrol habituel. Après (re)visionnage je baisse ma note à 6*.

PassionArt7
6
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Créée

le 14 avr. 2025

Modifiée

le 21 janv. 2026

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