Un thriller rural méconnu qui aurait pu être réalisé par Chabrol. Une critique acerbe de l'ensemble de la société provincial (et masculine) des années "Giscardienne" à travers un groupe de chasseurs qui représentent la France de l’Époque (Le notaire, le chef d'Entreprise, le Médecin, un commerçant, un garagiste etc...) et qui va basculer dans une violence collective.
Si Mismy Farmer est un peu relégué au rang de figurante (qui court) , on peut apprécier une belle brochette de seconds rôles du cinéma Français de l’Époque : Jean Pierre Marielle, Paul Crauchet, Michel Robin, Michael Lonsdale, Michel Constantin, Jean Luc Bideau, Philippe Leotard
C’est un film âpre et poisseux, traversé par un climat hivernal oppressant, entièrement tourné dans une forêt inhospitalière où la civilisation semble peu à peu se dissoudre au profit de l’instinct et de la violence collective. On pense inévitablement à Délivrance (sans pour autant atteindre la même virtuosité de mise en scène, n’exagérons rien) et à Dupont Lajoie — ici, ce n’est plus l’Arabe que l’on traque, mais la femme.
Avec plusieurs décennies d’avance, le film propose une lecture étonnamment moderne de la virilité toxique et du conformisme social, où les protagonistes basculent progressivement dans une forme de barbarie pure afin de préserver leur statut d’hommes respectables.une vraie réussite, indubitablement oubliée par les historiens, critiques du cinéma (découvert très tardivement dans ma cinéphilie)