Un radeau, des mômes et un bougon au grand cœur

Bon, alors là, j’te le dis tout de suite : j’y allais avec le frein à main. Un film sur un ancien flic qui doit encadrer des mômes en galère pendant une virée pédagogique ? On sentait venir la leçon de morale avec musique douce et petits violons, comme une pub pour l’Éducation Nationale. Eh ben non, mon pote. La Traversée, c’est pas du baratin en boîte. C’est du vrai, du sincère, et du foutrement bien fichu.


Alban Ivanov, déjà, faut le saluer. Le gars, il a la gueule du type qu’on croise à la buvette du stade le dimanche matin, mais avec un vrai fond. Il t’embarque dans son ras-le-bol, dans ses contradictions, dans son humanité pas toujours reluisante, mais jamais truquée. Il fait le con, il râle, il gueule, mais quand faut tendre la main, il hésite pas longtemps.

Les gosses, eux, ils sont pas là pour décorer. On est loin des enfants de pub qui sourient à la caméra. Non, là, c’est brut, naturel, parfois insolent, souvent touchant. Ça balance des punchlines, ça pleurniche, ça se rebiffe, et ça grandit, un peu. Comme dans la vraie vie, quoi. Pas des mini-acteurs en plastique, mais des vrais petits casses-pieds qui te rentrent sous la peau sans que tu t’en rendes compte.


Le film, lui, il t’envoie pas la morale à la truelle. Il te balance quelques vérités discrètes, bien senties, planquées dans les dialogues ou dans un regard qui traîne. Un peu téléfilm dans les coins, j’dis pas. Par moments, tu sens que le budget carburait à la cafetière à piston. Mais l’essentiel est là : du rythme, des silences bien placés, des plans qui respirent et une ou deux séquences qui te chopent au plexus sans prévenir.

Y’a bien deux ou trois moments où ça s’égare un poil dans les bons sentiments façon "le vivre-ensemble c’est magique", mais jamais au point de filer la nausée. C’est dosé. Ça veut pas t’enseigner la vie à coups de slogans, ça te raconte juste une embrouille humaine qui finit mieux qu’elle commence. Et parfois, c’est déjà beaucoup.


Alors ouais, c’est pas du cinéma qui te retourne la tête, c’est pas non plus la comédie de l’année. Mais c’est honnête, bien joué, et ça te laisse avec une petite chaleur au bide qui sent pas la soupe tiède. La Traversée, c’est un petit film qui joue pas dans la cour des grands, mais qui leur met une belle leçon d’humilité. 8 sur 10, parce que quand la sincérité dépasse le budget, moi j’dis banco.

Raoul-Volfoni
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le 23 mai 2025

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Raoul Volfoni

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