La connerie élevée au rang d’art majeur

Ah ben là, mon gars, on touche à du ciselé. Du grand art. Du bijou de salopard en costume trois-pièces. Parce que Le Dîner de Cons, c’est pas juste une comédie, c’est une leçon de choses. Et surtout une claque bien sentie dans la gueule de ceux qui croient que se moquer, c’est une qualité.


L’histoire ? Simple comme un Ricard au comptoir. Des types friqués organisent un dîner hebdomadaire où chacun ramène un "con" pour s’en foutre plein les naseaux de moqueries. Le piège est tendu, le gibier est prêt… sauf que ce soir-là, c’est le chasseur qui se prend sa propre cartouche. Pan dans le citron.

Et là, mes petits, entre en scène François Pignon. Interprété par l’immense Jacques Villeret, paix à son âme et à son pif lunaire. Un con, oui. Mais attention : un con pur sucre, millésime exceptionnel, distillé avec amour. Un type qui t’explique les impôts comme s’il récitait la Bible à l’envers, qui t’embrouille en pensant t’aider, et qui fout ta vie en l’air avec le sourire. Et face à lui, le grand bourgeois crispé : Thierry Lhermitte, dans son rôle de mec sûr de lui, arrogant, bien sapé, mais qui va se faire démonter façon puzzle. L’élégance qui se fait dézinguer par la bêtise bienveillante, moi j’dis, c’est du sport de haut niveau.


Le texte, c’est de l’orfèvrerie. Du Francis Veber millimétré, avec des dialogues qui claquent comme des gifles mouillées. Pas un mot de trop, pas une réplique molle. C’est de la comédie qui sent la sueur et le rythme bien huilé. On se marre, mais pas bêtement : y’a du fond. Une morale planquée derrière les vannes. Le con n’est pas celui qu’on croit, et le pire, c’est qu’on s’attache à lui.

Les seconds rôles ? Savoureux. Daniel Prévost en inspecteur des impôts, teigneux comme un roquet qui aurait lu Nietzsche. Alexandra Vandernoot, sublime et excédée, et même le meilleur ami Francis Huster, qui débarque pour en rajouter une couche. Une galerie de fêlés magnifiques.


Et puis, faut dire ce qui est : c’est pas seulement drôle. C’est féroce. C’est un miroir dans la tronche des petits malins qui croient dominer le monde avec leur ironie. Le film, il te montre qu’à force de jouer au plus fin, tu peux finir tout seul avec un con sur le canapé… qui t’as mis la vie en pièces. Bref, Le Dîner de Cons, c’est pas une comédie de salon, c’est une mise à mort par maladresse. C’est un ballet de catastrophes en slow motion, orchestré par un mec qui croit bien faire. Et ça, c’est plus jouissif que de foutre un PV à un huissier.

Note ? 9 sur 10, et encore, j’enlève un point parce qu’on peut pas mettre onze.

Raoul-Volfoni
9
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le 20 mai 2025

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Raoul Volfoni

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