Accrochez vos ceintures, planquez les passeports diplomatiques et sortez le scotch double-face : La Valise, c’est du barbouze-movie à la française, millésime 70, parfum gauloise et whisky tiède !
Réalisé par le solide Georges Lautner et écrit par le rusé Francis Veber. Alors là, mes cocos… on est en pleine guerre du Kippour, ça complote à Tripoli, ça magouille à Paris, ça barbouze dans tous les coins… et au milieu de ce joyeux foutoir géopolitique ? Une valise. Mais pas une valise à chaussettes ! Une valise à secrets, à espions, à embrouilles internationales ! C’est osé pour l’époque. On touche aux services secrets libyens, israéliens, français… tout le monde se court après, se double, se triple, se quadruple. On ne comprend plus rien ? Normal ! C’est le principe
Ah, Mireille Darc…Silhouette de rêve, regard laser, glamour 70’s à faire fondre un radar militaire. À cette période, elle est déjà l’icône absolue du cinéma populaire français et la compagne d’Alain Delon. Autant dire que quand elle apparaît à l’écran, ça fait monter la température de trois degrés. Les scènes un brin coquines ? Gonflées pour l’époque. Mais jamais gratuites. Juste ce qu’il faut pour rappeler qu’un film d’espionnage sans séduction, c’est comme un pastis sans eau : ça manque de dilution.
Face à elle, deux mammouths du cinéma hexagonal : Michel Constantin — gueule burinée, voix rocailleuse, ancien champion de boxe amateur avant d’être acteur. Le type respire la castagne même quand il commande un café. Jean-Pierre Marielle — phrasé aristocratique, moustache impériale, art consommé du décalage. Lui, il peut rendre philosophique une réplique sur un sandwich au saucisson. Leur duo ? Un choc des tempéraments. Ça grogne, ça ironise, ça s’agace — et ça marche !
Quant à la galerie des seconds rôles, Lautner sort la cavalerie Michel Galabru, monument national du comique à moustache. Jean Lefebvre, l’air ahuri breveté. Robert Dalban, fidèle parmi les fidèles du cinéma populaire. Amidou, présence magnétique. Raoul Saint-Yves, silhouette familière des comédies de l’époque. Une vraie réunion d’habitués du zinc cinématographique.
Avec Georges Lautner, on sait où on met les pieds : mise en scène carrée, rythme nerveux, efficacité redoutable. Le bonhomme sort quand même de la grande époque des Tontons flingueurs. Bon, ici, on n’a pas Michel Audiard aux dialogues — et ça s’entend. Parce que oui, soyons francs : Francis Veber, à l’époque, n’a pas encore accouché du grand art de ses futurs duos comiques. Il est encore en rodage. Ses dialogues sont vifs, efficaces, mais pas encore mitraillés façon Audiard. Moins de saillies assassines, plus de mécanique de quiproquos. Mais attention : le quiproquo, c’est justement le carburant du film. Et ça carbure !🎵
La musique ? Elle fait le job, ambiance espionnage seventies garantie.
Le rythme ? Parfois quelques longueurs, oui… mais quand ça repart, ça repart façon mobylette trafiquée.
Ce n’est pas un chef-d’œuvre. Ce n’est pas du grand Audiard. Ce n’est pas du grand cinéma politique. Mais c’est drôle. C’est bordélique. Et ça a un sacré panache. La Valise, c’est un film qui sent la moquette rouge des salles de quartier, le cuir des sièges de 504 Peugeot et les complots mal ficelés. On s’y perd, on s’y amuse, et on en ressort avec le sourire.Et franchement... Ouille ouille ouille… qu’est-ce que c’est marrant.