Pour ma première incursion dans l'univers cinématographique de Cédric Klapisch, je ne suis pas déçu… car mes attentes ont été parfaitement comblées. Je m'attendais à un cinéma bourgeois, déconnecté du réel, et c'est exactement ce que j'ai trouvé.
La partie du film se déroulant au 19ᵉ siècle offre une vision idéalisée d'un Paris d'antan, à mille lieues de toute réalité tangible. Le seul semblant d'ancrage est le personnage de la mère, mais le film ne parvient ni à l'approfondir ni à en tirer une véritable substance. Le cliché éculé d'une aïeule prétendument simple villageoise qui s'avère être la muse d'un des plus grands peintres du monde ? Franchement, c'est un ressort scénaristique paresseux et ridicule. Pire encore, au-delà de quelques plans esthétiques dignes des toiles de Claude Monet, cette pirouette narrative est totalement creuse et ne contribue absolument rien à l'intrigue. L'ensemble de cette époque passée est d'une fadeur assommante, aggravée par des acteurs au charisme inexistant, laissant un goût de vide abyssal.
La partie contemporaine n'est guère plus engageante. Les personnages manquent cruellement de développement pour susciter le moindre intérêt. Seul Abraham Wapler bénéficie d'un arc narratif légèrement plus étoffé, mais il se contente d'énoncer des banalités. Même l'idée intéressante autour du personnage de Zinedine Soualem – un copier-coller inversé de la relation présidentielle, où il incarne un professeur de français en couple avec son ancienne élève – est lamentablement sous-exploitée, réduite à une scène de dix secondes censée faire rire. Les acteurs semblent bloqués dans leurs registres habituels : Vincent Macaigne et Julia Piaton livrent des performances attendues, sans surprise ni véritable engagement.
Une exception notable cependant : Pomme, qui joue un rôle proche d'elle-même, apporte une touche de sensibilité et de sincérité bienvenues, seule éclaircie dans ce tableau morne.
Globalement, le film bénéficie d'un artisanat de qualité, ce qui le sauve d'un naufrage total. La mise en scène est correcte, et le montage entre les différentes époques est fluide et bien réalisé. Cependant, deux aspects de cet artisanat finissent par couler un navire déjà instable. Premièrement, la photographie parvient à l'exploit de rendre Paris laid, alors qu'elle devrait le sublimer, avec une colorimétrie fade et peu flatteuse. Deuxièmement, les effets spéciaux sont constamment médiocres, desservis par la mise en scène et la photographie.
Enfin, le sentiment de "film entre soi bourgeois" est omniprésent. La quasi-moitié du casting est composée de "fils et filles de" (Suzanne Lindon, Abraham Wapler, Paul Kircher, Julia Piaton, etc.), renforçant l'impression d'un cercle fermé où le talent et le charisme semblent secondaires.
En conclusion, "La Venue de l'avenir" rejoint la pile des films bourgeois décevants qui, malgré un artisanat parfois soigné, échouent lamentablement à susciter la moindre émotion, si ce n'est pour ma part un profond dégoût de lui-même.