Il faut tout de même réussir à avaler le point de départ : des dizaines de cousins éloignés sont réunis pour discuter de la maison normande d'une ancêtre commune, que personne n'a ouverte depuis 1944. Quatre "délégués" sont rapidement élus au sein de cette famille qui se découvre, et vont enquêter sur la vie de leur aïeule, qui a fait un séjour à Paris dans les années 1890.
Mais passé l'introduction, "La Venue de l'avenir" s'avère bien vite être un joli film, tant sur le fond que la forme. La reconstitution de la France de la fin du 19ème siècle est soignée et chaleureuse, s'il on excepte quelques obligatoires arrières-plans numériques. Les transitions entre les époques sont fluides, voire amusantes. Et il y a une séquence de rêverie commune, un peu maladroitement amenée, mais très ludique à l'arrivée.
Surtout, Klapisch arrive à traiter avec finesse plusieurs thématiques a priori sans lien. Les débuts de l'impressionnisme, et son impact aujourd'hui. La futurologie et la manière d'appréhender l'avenir, avec des schémas qui se répètent dans les époques. Notamment en comparant ou opposant les tendances modernes des influenceurs aux arts disruptifs, aujourd'hui vus comme classiques. Et le sujet de la famille, même lorsqu'elle est ténue.
Ce dernier thème étant pour le moins ironique, puisque la distribution du long-métrage sent bon le népotisme, regorgeant de fils et filles de ! Ceci dit, indépendamment de leur pédigrée, les acteurs campent très bien leurs personnages respectifs.
Certes, l'intrigue est un peu diffuse, et sent bon le prétexte pour aborder tous ces sujets (cette histoire de parking et de centre commercial sera par exemple rapidement balayée !). Toutefois "La Venue de l'Avenir" demeure un film très plaisant, posé, et intelligent.