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Avec La Vérité, Hirokazu Kore-eda - le cinéaste de l’enfance et des familles recomposées - quitte le Japon pour installer sa caméra dans une maison parisienne peuplée d’actrices, de scénarios, de souvenirs retouchés. Ici, Fabienne (Catherine Deneuve - dont l'aura est intégré au dispositif), actrice mythique, publie ses mémoires. Sa fille Lumir revient pour célébrer l’événement et découvre un livre fait d’omissions, de disparitions opportunes et de souvenirs réécrits. Lorsque Fabienne affirme qu’elle ne dit jamais la vérité nue parce qu’elle n’est pas intéressante, elle énonce explicitement la thèse : la vérité est une composition qui protège, qui séduit, qui maintient une cohérence là où la vie fut plus chaotique.
Kore-eda met en tension deux régimes du vrai. Pour Lumir, la vérité relève d’une exigence morale. Pour Fabienne, elle relève d’une exigence dramatique. Le conflit mère-fille se déploie dans les nuances, les reformulations, les non-dits. Cependant, les affrontements donnent l'impression de tourner en rond ou de rabâcher les mêmes inflexions d'un même propos. On retrouve aussi les récurrences du cinéaste dans la forme (des plans fixes, une lumière douce et peu de musique). Mais cette fois, ça ne passe pas ! Je ne saurai vous dire pourquoi...
Le film dans le film, où Fabienne incarne justement une mère suspendue dans l’espace pendant que sa fille vieillit sur Terre, redouble la thèse. Cela a juste de brillant qu'à mesure que Fabienne répète ses scènes, on ne sait plus si elle parle à son personnage ou à sa propre fille. On s'interroge alors : l’émotion est-elle sincère ou utilisée comme matériau pour le rôle.
Ainsi dans une scène où les visages de Fabienne et Lumir se rapprochent, le film atteint son point le plus troublant. Qui parle. La mère. L’actrice. La femme blessée. On n'aura pas la réponse car Kore-eda invite à penser que la vérité n’existe peut-être pas à l’état pur. Elle naît dans l’adresse à l’autre, dans l’espace partagé où deux récits acceptent de cohabiter.
Créée
le 5 mai 2026
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