Catherine Deneuve toute jeune, Pierre Brasseur tout vieux, une brassée d’autres comédiens au diapason et au final, une fugue allègre en pleine fin du dernier conflit mondial. La jeune Marie s’ennuie auprès de son châtelain de mari (Philippe Noiret, impec’, comme toujours, avec ses airs de bon briard) qu’elle assiège pour qu’il l’emmène vivre à Paris. Lui ne jure que par la campagne et remercie secrètement le ciel de l’isolement dans lequel il maintient sa gourgandine de toute jeune épouse. Les circonstances vont contrarier ses projets et lui donner raison en même temps, avec l’arrivée d’un inconnu voleur de pommes qui badine dans son dos avec sa femme. L’Amour s’en mêle, les Allemands débarquent, les Anglais ont des plans, l’inconnu revient, et tout ce petit monde, enfermé au château, monte en pression tandis que l’action se précipite. Une recette comique éprouvée qui porte ses fruits, tandis que les comédiens cabotinent à leur aise. Mention spéciale à la vieille garde, hilarante, qui tire un peu la couverture à elle, mais c’est de bonne guerre, « Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand », comme le remarquait Hugo en son temps. Bref, une gentille comédie de 1966, ou tout est vieillot et pittoresque, pas du tout usée et encore prête à distiller son charme suranné à qui veut bien lui jeter un œil…